Le vague à l’âme,
Sur un carré de macadam,
Je t’ai abandonnée au soin
Du ferrailleur du coin.
Sans un regard en arrière,
Je n’en suis pas bien fière,
Je me suis sauvée amère.
Tu m’aurais coûté trop cher !
Tu étais encore belle mais le hic,
Tu n’avais du contrôle technique
Rien de bon à attendre.
Et je ne pouvais même pas te revendre.
Pour quelques billets
Je viens de signer
Le permis de t’éconduire
Juste avant de te fuir
Adieu ! Je te resterai fidèle et irai à pied !
Crois-moi ! J’en suis bien contrariée.
Mais avec toutes les belles économies
Ma bonne vieille carrosserie,
Sur ton entretien et la police d’assurance,
Je vais m’offrir des vacances.
Et puis je t’avoue aussi :
Je n’aurai plus le souci
Ni des flics ni du fric
Que tu glougloutais en grande pompe.
Tiens, déjà ma peine s’estompe.

