Didaxie

Par : Salus
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Salus

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Didaxie



Circonscrire l'impréhensible
Est possible ! En quelque orbe arcane,
On pourrait en instruire un âne...
- Comment écrire un vers plausible ?

Mais il faut viser cette cible
Concentrée en tout humain crâne,
L'ajour au mur, la barbacane
Où filtre l'eau de l'indicible !

Ne gardons que l'aune du beau ;
Plein vent l'étrave du bateau
L'on voit la lame du réel

Sous les fous reflets fer de l'eau
...Et c'est vrai que d'être est cruel !
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Lau

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J'ai lu, sur cet écrit, l'écume
Et, sur la lagune, les cris
De quelques sons crus face au crime
Qui vire au gris quand cet art crame.

On l'aime, on la chérit la rime !
On y plaque, fougueux, les crocs
Depuis Byzance et depuis Rome,
Qu'est l'aisance que cette crème ?

Aucun vers n'est ni vrai, ni faux
Quand l'on tourne dans cette arène,
Que l'on entend siffler la faux,

Et que nous vient, à la narine,
Un parfum de mer et de sel :
L'éveil maritime à la rame !








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Salus

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Frappons le fer chaud sur l'enclume
De ces fards dont le son rend gris ;
Nous aurons ce plaisir qui grime
De grâce le mot, chaque gramme

Y naissant d'un cerveau qui trime
Abreuvé par de nombreux brocs
Permettant d'exprimer l'arôme
Du vers plat (comme l'est la brème)

En honorant les bons niveaux
De ces jeux où la rime est reine,
Où le sens, par monts et par vaux,

Garde le cap (c'est la marine !)
Sous l'immense grandeur du ciel
Dévoilé jusques à la trame !
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Lau

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Et taillons au cœur de la grume
Un long poème, un phare, épris
Du plus beau du voyage où prime
Le chant du cerf, qui meurt et brame

A l'instar de quelque clarine
Qui chante par-delà les rocs
Des montagnes et dont le chrome
Eblouit le moindre chorème ;

Ainsi, s'entend dans les avaux
Le sifflement de nos travaux,
De la voix qui coule, suprême,

Et s'éparpille une farine
Qui, lentement, trouble l'oisel
Comme l'eau que ride la prame.






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Salus

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Avec gourmandise je hume
Ce parfum fin de nos écrits
(Dont quelque lectorat déprime
Sans rien voir de ce beau programme

Où s'exerce notre doctrine...)
- Oui ! je sens les sons de nos socs,
Ces calames qui sont syndrome
Du fait qu'écrivant l'on s'entraime

En démêlant nos écheveaux
Dont les fils, parfois médiévaux,
Tisseront l'art jusqu'à l'extrême

Pour que la Muse l'entérine
Au même titre qu'un ghazel
Ou qu'un tragique mélodrame.
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Lau

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Ainsi le vers blanc sous la Lune,
Et qui s'inverse dans l'iris,
Piqué tel au plus bel escrime,
S'excite au saxo de Coltrane :

Sa teinte tend vers l'azurine,
Se meut, aisée, au cours de trocs
D'avec un autre glauque où trône
Un Pégase inédit sans rêne.

Enfin, parvient-il aux cerveaux,
Escorté par mille gerfauts
Gavés de lapins de garenne ;

Infatigable, il nous serine
Un chromatique carrousel
Qui nous entourloupe le crâne.
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Salus

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Nous finirons par en en faire une
Griffe, à l'égal d'un ex-libris
(Et d'un mode d'emploi, pour prime)
De tous ces pingpongs que l'on traine !

Rimbaud chanta même l'urine ;
Qu'importe ! gréons tous nos focs
Pour naviguer mieux que tout drone !
Oui ! lâchons ce mors qui nous freine !

Cependant, loin d'être rivaux,
Amis tous deux d'arts récifaux,
Nous jouons nos va-tout sans haine

Dans la nuance purpurine
Que le couchant peint sur l'arzel
Que Pégase arbore...ou quelque âne !
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Lau

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Une lettre, un signe, une rune,
Puis mille mots, mille cabris
Qui soufflent dans une ocarine
Une idée, un discours, un rhème ;

C’est à ce sport que l’on s’arrime,
Princes toujours –parfois escrocs-
Et qu’on psalmodie ou qu’on grogne,
Il n’est pas de sujet qu’on craigne :

Que Roland chante à Roncevaux,
Que Vinci peigne cent chevaux,
Nous, ce sont les rimes qu’on saigne ;

Et dans ce jus de chaque vigne,
Comme l’ange ou comme Azazel,
C’est d’une Ishtar qu’on suce l’âme.