Quand tu viendras sans honte Ô toi fourbe vieillesse
Je reverrai les temps où je flambais tout neuf.
Sans souffrir, sans pleurer comme un malheureux veuf
Je me garderai bien d’afficher ma faiblesse.
D’un langage disert je dirai aux gens bons
« Merci de m’écouter raconter mon histoire. »
Parlant de ce pays qui fut mon territoire
Je me présenterai comme font les barbons.
Je révèlerai surtout les élans enfantins
Les tout premiers émois apparus à l’école.
Elle s’appelait Claire et n’était point frivole
Repoussant sans faillir les nombreux Valentins.
J’aimais l’aider souvent à faire ses devoirs,
A lui souffler les mots qu’attendait notre maître.
Son petit tablier la laissait apparaître
En tendron ingénu tortillant ses mouchoirs.
Nous aimions rester cois pour garder nos secrets ;
En récréation nous parlions de voyage
De projets ficelés n’étant pas de notre âge
Mais en étant toujours de commerces discrets.
Je ne sais, en ces jours, où elle a bons séjours
Car nous dûmes tous deux laisser notre province.
La politique est dure et souvent elle évince
Des âmes obligées de partir pour toujours.
En fait, en ce moment, je dénombre les plis
Qui se sont installés au front de mon visage.
C’est l’heure du bilan en ce quiet paysage
Que m’offre le Quercy favorable aux replis