L'idée
Littérature de centaure
D'un furieux galop emballée,
Née avec la Lettre en allée ;
Requiem sombre qu'un sang dore.
Adieu Satyre et Minotaure
Adieu Nymphe tout affolée ;
L’hallali du lai, c'est la plaie !
Plus de mots qu'un rythme doux laure...
Foin du luth et de la mandore,
Fi des échos dans la vallée
De larmes où, plus qu’affalée,
La langue atone change en tore
Le fin ruban qu'hier encore
Ouvrait à la musique ailée
De cette syntaxe zélée
Que nous insuffle Terpsichore !
Avec un verbe de pécore,
Pégase au mors, bouche scellée,
(La Muse elle-même sellée)
Dans le grand cirque s'incorpore.
Orphée est faux ? Comment éclore
Sans l'ardeur et la céphalée !
Avili, lavé, avalé
Par le chrome et cuit par le chlore !
Sans le moindre grain d’hellébore,
Sous l'ombre de la mandragore,
Par la métaphore filée,
Qu'à l’imaginaire affiliée
L'idée en soit édifiée !