Yep PierreL ! La poésie empêche de ronronner en rond, elle dérange donc les ronronneurs qui voudraient la réduire à un jeu de salon, entre soi. Celui qui est lui-même bouscule les signes des façonnés et naphtalinisés. Elle leur rappelle qu'ils ne sont pas cela dont ils prétendent jouer le rôle. La poésie est l'essence même de l'homme - le rire sa conséquence, elle résulte de sa capacité à transformer le monde pour ne pas disparaître en tant qu'animal inadapté, elle questionne, voire bouscule, l'installé. Elle artificialise l'environnement pour que sapiens y niche, et perçoit les déséquilibres qu'elle occasionne entre culture et nature, entre écologie et économie. Elle met en évidence ce paradoxe humain. L'intérêt d'un édifice qui pourrit est de neutraliser ce qui révèle cela en la réduisant à des postures et jeux de rôles. Ceux qui ne s'inscrivent pas dedans sont proscris ou ignorés. C'est en ce sens que Verlaine avait identifié les poètes maudits. Si les gens bien ne veulent pas de toi, c'est bon signe, tu es encore sauf.
Tesson est rejeté par les stérilisateurs tout comme Rimbaud le fut par les vilains bonshommes. Conséquence, ils prennent le large. Prendre le large, être sur la route, voici ce qu'il y a de commun entre les poètes, chacun à sa façon.