Avril espérait mai, comme moi, j’attendais,
Près du ru, qu’à mon esche, enfin, Truite, goûtasses ;
Les jours semblaient bien longs et les nuits si fadasses,
Nous avions rendez-vous mais pourtant, tu tardais.
J’avais tout prospecté : les trous, les interstices,
De l’amont vers l’aval, aucun coin, n’éludais,
Même toi, fort curieux, Canard, te demandais
Si, par hasard, ne quêtais quelques Eurydices.
Au bout de ma patience, alors, je rebroussais
Chemin, moqueuse, Martre, déjà, tu gloussais
Sur ma tristesse et mes détresses,
Mais revint l’espérance, encor, je déposais
Mes vers de terre aux flots de la rivière, osais,
De ses lèvres, chercher les traces.