La poésie sur internet
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Par : Assonance
Un roi s'était assis dans un vaisseau avec un jeune esclave étranger. Celui-ci n'avait jamais vu la mer, et n'avait point éprouvé les inconvénients de la navigation. Il commença donc à pleurer et à se lamenter, et un tremblement tomba sur tous ses membres. On eut beau le flatter, il ne prit aucun repos, et le plaisir du roi fut troublé à cause de lui. On ne connaissait aucun remède à son mal. Un médecin, qui se trouvait sur ce vaisseau, dit au roi : « Si tu l'ordonnes, je le ferai taire par un certain moyen. » Le monarque répondit : « Ce sera le comble de la bonté et de la générosité. » Le médecin ordonna que l'on jetât l'esclave à la mer. Le jeune homme subit plusieurs fois l'immersion; puis on le prit par les cheveux et on l'amena vers le vaisseau. Il se suspendit avec ses deux mains au timon. Lorsqu'il fut remonté sur le navire, il s'assit dans un coin et trouva du repos. Le roi en fut étonné et dit : « Quel mystère y a-t-il dans cela? » Le médecin répondit : « Il n'avait pas goûté auparavant l'incommodité de l'immersion, et ne connaissait point le prix de la tranquillité dont on jouit sur le vaisseau. C'est ainsi qu'une personne qui est éprouvée par la peine connaît tout le prix du repos. »
Distique. — « O homme rassasié ! le pain d'orge ne te paraît point agréable; ce qui est laid à tes yeux est l'objet de mon amour. Le purgatoire est un enfer pour les houris du paradis. Interroge les habitants de l'enfer, ils te répondront que le purgatoire est le paradis. »
Vers. — « Il y a de la différence entre l'homme qui presse son amante sur sa poitrine, et celui qui tient ses deux yeux axés sur la porte, dans l'attente. »
Texte issu du parterre de roses (Gulistan) de Saadi
Posté à 19h47 le 20 avril 26
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