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[Poème à forme fixe]De l’Olympe au trottoir, tout un trip… // Rimer avec Coppée

Par : Xuyozi

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Xuyozi

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(sur les rimes du poème : À Paris, en été, les soirs sont étouffants)

Ô Dieux ! Qu’avez-vous fait ? Vos Cieux sont étouffants ;
Or, ils ont besoin d’air, vos illustres enfants,
Qui, pour vous honorer, ont franchi tant de lieues,
De l’Olympe azuré aux Enfers des banlieues.
Dégrisés, ces groupies fumeront leur gazon,
Désespérant d’extase et de vaste horizon.
Mais leur vrai besoin tonne et à toute heure sonne
Pour goûter le nectar du vieux Zeus en personne. —

Zeus est fin connaisseur, car son hasch est très bon ;
Il bourre les houkas sur un lit de charbon
Extrait de Κασσάνδρα par le Géant Eugène,
Assurant la défonce en soulageant la gêne
De ces pauvres accros, souffrant de tout côté
Et toujours ennuyés par l’Arès effronté
Quand ce n’est pas l’Éros, l’androgyne impubère. —

Transportés en esprit sous un flou réverbère,
Ils s’attroupent de nuit ou dans l’ombre du soir
Sur l’étrange agora d’un moderne trottoir,
Où s’offrent demi-nues des hétaïres grasses,
Qui surclassent les Dieux en faveurs et en grâces.


Note : Κασσάνδρα (Cassandre), une des trois péninsules de la Chalcidique (en Macédoine), riche en sites métallifères d’où était extrait le charbon. — La fumée des substances s’élève dans l’embrasement du berceau de charbon sur lequel ces substances reposent.

***


A Paris, en été, les soirs sont étouffants…

A Paris, en été, les soirs sont étouffants.
Et moi, noir promeneur qu’évitent les enfants,
Qui fuis la joie et fais, en flânant, bien des lieues,
Je m’en vais, ces jours-là, vers les tristes banlieues.
Je prends quelque ruelle où pousse le gazon
Et dont un mur tournant est le seul horizon.
Je me plais dans ces lieux déserts où le pied sonne,
Où je suis presque sûr de ne croiser personne.

Au-dessus des enclos les tilleuls sentent bon ;
Et sur le plâtre frais sont écrits au charbon
Les noms entrelacés de Victoire et d’Eugène,
Populaire et naïf monument, que ne gêne
Pas du tout le croquis odieux qu’à côté
A tracé gauchement, d’un fusain effronté,
En passant après eux, la débauche impubère.

Et, quand s’allume au loin le premier réverbère,
Je gagne la grand’rue, où je puis encor voir
Des boutiquiers prenant le frais sur le trottoir,
Tandis que, pour montrer un peu ses formes grasses,
Avec son prétendu leur fille joue aux grâces.

François Coppée, Promenades et Intérieurs

Posté à 00h15 le 09 avril 26

Édité à 00h18 le 09 avril 26 par Xuyozi

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Pierre Lamy

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Génial

Tu fais ici un superbe doigt d'honneur aux poètes coincés qui méprisent l'exercice des bouts rimés.
Le poème source est déjà très bon, mais le tien a une toute autre allure.
Respect.
emot22emot22emot22

Je suis allé jeter un œil sur ton Site perso. Tu m'as époustouflé. C'est toi qui fais les illustrations ? Je suis carrément scotché devant leur qualité.

Posté à 06h08 le 09 avril 26

Édité à 06h35 le 09 avril 26 par Pierrelamy

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Tonindulot

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Osez donc, osez donc !

Osez donc, osez donc, doux enfants de poème !
Les défis de garçons sont des obstacles durs ;
Eux seuls en leurs recoins savent se montrer purs.
Le Monde les envie au cœur de leur Bohème.

Faut-il toujours passer de la très douce crème
Sur la peau des corps nus que l’on soupçonne impurs ?
Il est des gens savants qui de cela sont sûrs
Et qui le font aussi sans attendre carême.

Voyez comme est docile avec son vêt fané
Ce gars qui rend hélas le trottoir profané !
Passez votre chemin en laissant votre obole.

Le don n’est pas pardon mais franc élan du cœur
Alors prenez grand soin de cette faribole
Et de ce sot rappel ne tenez point rancœur !

Posté à 08h43 le 09 avril 26

Édité à 08h45 le 09 avril 26 par Tonindulot

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Xuyozi

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PierreLamy,

Peu de gens le savent, mais Zeus lui-même consomme à ses heures. Vous l'avez peut-être déjà croisé dans Paris sans vous en rendre compte. Ouvrez l'œil ! on ne sait jamais...

Les images qui ornent mes poèmes sont le produit de l'IA, qui se débrouille assez bien en général, et ce d'autant mieux que les 'prompts' sont imagés et parlants. Mais pour des résultats optimaux il suffit de lui faire lire le poème â illustrer.

Tonindulot,

Vous avez créé ce poème pour la circonstance ? En tout cas, même sans potion on l'aurait compris tant il coule de source, selon votre vieille bonne habitude.

Posté à 16h44 le 09 avril 26

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