A grand-peine je me hisse
Vers les Ases ; d'où me vient
Ce flot de vers qui dévient
Comme au garrot l'hématie ?
D'aussi loin que je gémisse
A la Muse, elle m'étreint
Malgré mes mots qui défient
Ces faims où je m’émacie,
L'azur, l'amour, les espoirs,
Quand les sons noirs de ma lyre
Ne laurent ni ne font luire
Ce monceau d'accords épars,
Chantent l'aurore et les soirs
Dans la mélodie à lire
Tout haut pour l'entendre bruire
Tel le vent dans les espars...
L'aède entend leur musique
Sublime et la retranscrit
Comme à l'arbre fait le fruit
Par le feu dionysiaque,
Cellulairement mnésique,
Dont l'intensité proscrit
L'oubli même qu'elle instruit
Par l'or de son cycle héliaque.
Quelle peine, quel souci,
Sous le regard pur d'Orphée
Cette jauge où l'art s’effraie
- Rat musqué face au husky -
De ne pas l'admettre...ou si ?
Ce vers torve est-il d'or fée ?
Son profil est-il d'orfraie !
Qui dira le bon us, qui ?