J’ai une araignée au plafond ; chez moi, dans mon appartement. Ce n’est pas là qu’elle loge ; elle a élu domicile dans un coin, derrière mon canapé. Je la vois qui s’y cache en vitesse quand j’arrive avec mon aspirateur. Elle s’appelle MIMI et j’ai décidé de ne pas la tuer. Pour l’instant, elle est petite ; je vais la surveiller ; je n’aimerais pas qu’elle prenne des proportions que mon visuel refuse. Je me demande comment elle est arrivée là car je suis au quatrième étage. Je me demande aussi ce qu’elle peut bien manger. Quelque fois je l’imagine se promener la nuit partout et cela me fait frémir et je suis à un coup de balai de ...Mais voilà ! Je me mets à sa place. A mon avis, c’est une tégénaire et c’est pour cela que je vais bien la surveiller car cette espèce peut devenir gigantesque d’après des souvenirs traumatiques où mes frères me couraient après, l’une d’elles, dans un pot de confiture. Parfois même ils organisaient des combats d’araignées velues dans la baignoire ; c’était horrible à voir. Mais, MIMI, c’est différent. Elle est petite et j’ai décidé que je l’aime bien. Elle a peur. Peut-être même elle a froid. C’est étrange cette sensation d’être moins seule, cette araignée dans mon salon. Finalement, j’en ai surement une aussi au plafond.