Ad vitam aeternam

Par : Lau
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Lau

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C’est un grenier, les étranges toiles
Sous les rais d’un hiver, les phébus
Offrent au bois leurs songes, leurs gouailles
Et leurs chants sont d’amusants opus :

Une araignée, à l’air incrédule,
Tisse, sans son, les cheveux et l’os
De sa maison est comme une bulle
Qui bêle au luxe au cœur de l’éros.

Cette ouvrière, impassible épeire,
Crache sa bile et sa soie amère
Colle, amarante, inaudible voix,

Sur le coin vide, une histoire en verre,
Se brise alors qu’un enfant s’affaire
A casser l’arche telle une noix.

Et dans la coque, apparait un choix :
Plier sous l’os tenace et sévère
Et vivre mous mais l’on persévère…

Ou vivre libre et chaud sous la poix
Qui brûle autant qu’elle nous libère,
Question de temps ; (choisis-le mon frère !)

Serait-il cool d’être un bel héros,
D’aller la mer, dans un ergastule,
D’ainsi se gargariser d’éthos ;
Crever, pourri, sous quelque faux tulle ?

S’aménager l’île où l’on est nus
Et qu’en le sable, on creuse et fouraille
Puis qu’on y trouve ; ébahis, émus
Toujours, encore la même toile.
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Pierre Lamy

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Ces 2 sonnets opposés simulent un peu la toile de l'épeire.
Sinon, on adhère facilement à la philosophie de l'auteur.
Comme d'hab
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Kerdrel

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Sonnets miroirs en énnéasyllabe, chapeau l'artiste
original ce dernier vers en rime orpheline
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Salus

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En tissant, araignée, une toile mobile,
Y prends tu tous les sons que guette ton esprit ?
"Amarante" et "phébus" ? Quel sens chaque trait prit ?
- Mais la forme est parfaite et la rime est, Lau, pile !...


Un détail ? Dommage que "fouraille" "Gouailles" et "toile" n'aient pas la même terminaison (pour gouailles c'est facile : "leur gouaille") ...Mais en général, avec toi, quelque chose m'échappe !
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Lau

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Pierre,

Une épeire en imper
Une et perd en impair

Kerdrel,

Tout le plaisir (singulier) est pour moi



Oui Salus, ce défaut de nombre me chagrine aussi mais je ne vois pas pour l'instant comment le réparer ; et confidence pour conflit dense, parfois, sans les guetter, des mots surgissent à l'écriture comme si c'était eux qui me guettaient et qu'ils m'envoyaient leur existence acoustique en plein dans les tympans des boyaux de la tête ; je les laisse faire et y trouve toujours un sens, une justification qui me convient et qui n'a aucune vocation universelle :

Ici, dans le grenier, les "Brillants" sont cent mille
Baves de charançons où se meurt chaque éfrit
Qui par un interstice or que la tuile offrit
Fit entendre sa voix que cet art assimile.







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Salus

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Pour une âme rêveuse un grenier c'est une île !
(On trouve en son fouillis jusqu'aux skis de l'Inuit)
Et si l'on est curieux, juvénile ou sénile,
On y peut s'attarder, parfois toute la nuit !
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Lau

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Souvent le parquet craque et cet étrange bruit
Parvient jusqu’à la chambre et ce son si labile
Oscille entre un fantôme ou la peau si nubile
D’une autre Muse encor à croquer tel un fruit.
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Salus

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Ce sont des univers où quelque passé luit :
De la malle éventrée émerge un dduh kabyle ;
Là, ce tableau fané fut d'un artiste habile ;
De douves et cerclé, l'on voit même un quart-muid !
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Lau

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C’est disparate et des habitants l’on déduit,
-Au regard de ce capharnaüm qui défile,
Du bric-à-brac de la campagne et de la ville-
Que leurs ans, sûr, ont dépassé bien plus que tuit* !

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