Conseils aux virtuoses
Les gesticulations de ton art ne
Feront apparaître au mieux, d’amples nues
Où vidée, ô substance ! tu sinues,
Que l’heur de quelque esthétique harnais…
Laisse l’ego consumer toute hargne ;
Sers-toi, serpent, des ophidiennes mues
Qu’un cerveau reptile offre aux âmes nues
Pour déguiser tes choix, sous le fard nés !
Si la matière s’enfle et se transcende,
Si la profondeur prend - et qu’on le sente,
Qu’un souffle anime une œuvre où se présente,
Ni pusillanime, ou l’air trop obtus,
Quelque imperfection dont les feux sont buts,
Le jeu vaudra tous ces tohu-bohus !