"Les roses de Saadi " de Marceline Desbordes-Valmore sont un grand classique. Ce matin j'ai constaté que la disposition des rimes des 4 premiers vers était celle de l'Oulipolée.
En garnement que je suis j'ai entrepris de le pasticher. Quelle ne fut pas ma surprise en constatant que l’entièreté du poème initial collait pile-poil avec cette forme oulipienne. Il m'a suffit de bricoler un quatrain.
J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.
Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Prises par l’Aquilon juste auprès du menhir.
Les grives de lande en devinrent moroses.
Là j’ai pu mesurer l’inconstance des choses.
Les fleurs se sont enfuies comme pour me punir.
Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.
Posté à 08h01 le 12 nov. 25
Édité à 18h28 le 12 nov. 25 par Pierrelamy