Chaque jour que Dieu fait, fît-il chaud, fît-il froid,
De la chambre au salon, j’arpente mon F3.
La télé, je l’abhorre et j’ai lu tous les livres.
Tintin, Gaston Lagaffe, Astérix et Spirou.
Il m’arrive souvent, surtout quand je m’enivre
À la tombée du jour, d’éprouver quelque effroi.
Surfer sur Internet est un chemin de croix.
Dans ce trop bel F3, comment puis-je encor vivre ?
Dois-je relire encore Astérix ou Spirou ?
On s’ennuie tellement à Nogent-le-Rotrou.
Dussé-je des lettrés essuyer le courroux,
Je ne vois rien de mieux pour soigner ma fêlure
Que mettre au cap au Sud pour voir les kangourous.
Que n’ai-je encor vingt ans pour hisser la voilure !