Naissance du sonnet

Par : Pierre Lamy
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Pierre Lamy

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Au quatorzième jour surgit une exigence.
Le Peuple las de la ballade et du rondeau
Voulut sur les anciens abaisser le rideau.
Il battit le pavé sans la moindre indulgence.

L’Élite renâclait. On connait cette engeance.
Il n’est pas plus réac à Lille ou Saint-Malo.
Mais la foule des gueux emporta le morceau.
On œuvra le sonnet. Il y avait urgence.

Un jeune pastoureau fit le premier quatrain
Le second fut troussé par un Jacques du Rhin
Le tout premier tercet par une pastourelle.

Pour clore le sonnet, ne restaient que trois vers
Que torcha d’un seul trait un Jacques de Nevers,
Descendu d’une nef spatio-temporelle.


Sur un autre Site on demandait d'écrire un sonnet qui évoque "la naissance du sonnet à partir d'une exigence, d'une urgence »
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Jim

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Ah! savoir traduire l'Histoire, quel talent et quelle nécessité ! Il aurait donc fallu une semaine de plus que pour le grand Barbu. Pour des gueux improvisant, c'est pas mal; fairont mieux la prochaine fois...
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Tontonjacques

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S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche !
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Machajol

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Ils battent le pavé....

Ce 18 septembre aussi !

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Pierre Lamy

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Le quatorzième jour, Zeus créa le sonnet.
Ève le réclamait, il y avait urgence.
De la première dame on savait l’exigence.
Elle avait, disait-on, le chef près du bonnet.

Comme au jardin d’Éden il n'était pas de scribe
Pour plaire à sa compagne, Adam se mit au taf,
Sous le macro-viseur suspicieux du staff,
Au bord de l’Océan dans une Caraïbe.

De sa plus belle plume il commit un quatrain
Puis sur le même mode avec le même entrain
Se fendit d’un second suivant les mêmes rimes.

Il ne lui restait plus qu’à torcher les tercets,
Lesquels, avoua-t-il, furent un peu corsés.
Satisfait, du Parnasse il atteignit les cimes.


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Arielle

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Alors qu'Ève attendait
un quatrain dans la norme
et se désespérait
des mirlitons informes

que pour elle écrivait
son homme sous un orme
afin qu'elle s'endorme

et le laisse à la paix
d'un Eden uniforme
sans rêves vermiformes

Tandis qu'Adam couvrait
sa nudité informe
saint Pierre et son sonnet
s'en vint en grande forme



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Tontonjacques

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Il s’appelait Simon, tel l’Hébreu de la Bible,
Mais il était Normand ; de son nom, Cussonet.
Bon d’accord, je l’admets, tout ça n’est pas terrible,
Mais l’on ne choisit pas le pays où l’on naît.

(La voyez-vous venir, la blague bien pénible ?
Ce jeu de mots vaseux valait-il un sonnet ?
L’écrire me procure un remords indicible
Et je crains qu’il ne soit bon pour le cabinet.)

Car ledit Cussonet vivait, on le devine,
À l’écart des fâcheux, dans l’Eure, à Tussaurel ;
Un clocher centenaire ombrageait sa chaumine.

On le voyait fouler, dès l’aube, ponctuel,
La Place de l’Église, où ? on va rire, j’en pleure —
Car, Simon Cussonet ? Eh bien, Tussaurel (Eure).
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Jim

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Arielle

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"Les boxeurs, on le sait, ne sont pas des poètes,"
mais la poésie serait-elle un sport de combat ?
😶
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Pierre Lamy

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Le Poète Arthur Cravan a exercé divers métiers, notamment celui de boxeur, où il a même remporté le titre de champion de France des demi-lourds en 1910. Sa carrière de boxeur a été marquée par un combat célèbre contre Jack Johnson, qu'il a perdu par KO.

En parallèle, Cravan s'est également illustré dans le domaine littéraire. Il a fondé et dirigé la revue Maintenant, où il a publié des poèmes et des textes provocateurs. Sa poésie, souvent qualifiée de "prosopoème", mêle prose et poésie de manière innovante.

https://www.poemes.co/arthur-cravan.html
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Tontonjacques

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Ah oui, intéressant celui-là, merci !

Je mentionnerais aussi le chanteur russe Vladimir Vissotsky, qui a écrit une chanson sur un combat de boxe (Petite chanson du boxeur sentimental) :
https://www.youtube.com/watch?v=Y6uBpRY4LJw&list=RDY6uBpRY4LJw&start_radio=1&ab_channel=VladimirVysotsky-Topic
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Vuthy

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Nouvelle catégorie : les poids grande plume !

@Arielle : " la poésie serait-elle un sport de combat ?"

Je prends des gants pour vous répondre...
Un sport peut-être ; il arrive qu'on transpire pour trouver de beaux vers. On retrouve aussi l'idée du jeu.
De combat sans doute : la querelle des Anciens et des Modernes ou la bataille d'Hernani.
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Arielle

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Vuthy, je me contenterais de la catégorie Poids petite plume" et ne grimperai sur un ring qu'avec mes gants de jardinage pour combattre les doryphores et dorloter mes vers de terre !
😶
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Pierre Lamy

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C’est un caprice d’une vague connaissance : que je fasse naître un sonnet qui — j’en fus, avouons le, fichtrement étonné — pourrait évoquer sa naissance !

Cette dame est bien connue pour son exigence. Elle est native d’Épernay, avec la tête à moins d’un doigt de son bonnet. Mais, naïf, j’ai tenté ma chance.

Dans l’urgence j’ai bidouillé les deux quatrains. Vint alors le tour des tercets. Ils naquirent comme ça, sans même y penser.

Pour qu’ils fassent contemporains, donc libres en un mot, mais qu’ils fleurent la rose, je les ai disposés en prose.
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Tontonjacques

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Aussitôt l’enfant né, on le lavera avec soin, puis, après lui avoir donné le temps de se remettre de ses premières impressions, on le fustigera vigoureusement en répétant : « N’écris pas ! N’écris pas ! Ne sois pas écrivain ! » Si, en dépit d’une pareille correction, le dit enfant manifeste une inclination pour la littérature, on essayera alors la douceur. Et si la douceur ne donne pas non plus de résultat, abandonnez donc l’enfant à sa destinée et inscrivez « fichu ». Le prurit littéraire est incurable.

Anton P. Tchekhov (1860-1904)