Je suis l'homme qui fait, je suis l'homo faber.
Je sais l'enchaînement des gestes nécessaires ;
Je produis des outils et dis comme on s'en sert ;
J'imite la nature et en suis le faussaire.
J'ignore les raisons de l'efficacité ;
On percera, demain peut-être, ce mystère...
J'exploite, pour l'instant, ce que m'offre la Terre,
Pour bâtir, en son sein, mon jardin, dit cité.
Je stocke des savoirs, mais je ne comprends rien !
Je suis un abruti, un sinistre vaurien.
Je suis toujours pressé d'avoir des résultats !
On dit que pour savoir, entrer au cœur des choses,
Il faut prendre ce temps qu'offre au jour chaque rose ;
L'action n'est sinon qu'un immense attentat.
©JIM