Poème sur l'Ethique de B. Spinoza, par A. Einstein
Wie lieb’ ich diesen edlen Mann,
Mehr als ich mit Worten sagen kann.
Doch fürcht’ ich, dass er bleibt allein
Mit seinem strahlenden Heiligenschein.
Für den armseligen kleinen Wicht
Führst du zu der Freiheit nicht.
Der amor dei lässt ihn kalt,
Das Leben zieht ihn mit Gewalt.
Die Höhe bringt ihm nichts als Frost,
Vernunft ist für ihn schaler Trost.
Besitz und Weib und Ehr’ und Haus,
Das füllt ihn von oben bis unten aus.
Du musst schon gütig mir verzeih’n,
Wenn hier mir fällt Münchhausen ein.
Denn als einzigen Troststrahl gleich,
Zieht er sich aus dem Sumpf zugleich.
Dein Beispiel zeigt mir eben,
Was eine Lehre dem Menschen kaum geben.
Mein lieber Spinoza, was fehlt dir ab?
Zur Nächstenliebe muss man geboren sein!
Vergib, ich bleibe dein höchst getreuer Leser:
Zum Erhabenen muss man geboren sein.
- 1920 -
Combien j'aime cet homme noble,
Plus que les mots ne peuvent dire.
Mais je crains qu'il ne se dresse seul,
Avec son saint rayonnement.
Pour l'âme misérable et pitoyable,
Tu ne la mènes à la liberté.
L'amour de dieu la laisse froide
La vie la pousse avec une indicible force.
Les hauteurs ne lui apporte rien sinon le froid,
Pour elle la raison n'est au mieux qu'un vain réconfort.
Les biens, une femme, l'honneur, un foyer...
Cela les pénètre tout entier, jusqu'à l'os.
Tu me pardonneras
Si Münchhausen ici me vient à l'esprit.
Pour seul rayon de consolation,
De lui-même il s'extrait d'un seul coup des marais
Ton exemple me montre clairement,
Ce que nul enseignement ne peut donner à l'humanité.
Mon cher Spinoza, que te manque-t-il ?
Pour l'amour du prochain, on doit être né pour cela.
Pardonne-moi, je demeure ton plus fidèle lecteur :
Pour la grandeur, on doit y être né aussi.
Trad. Jim
Il est donc possible, voire recommandé, de parfaire cette traduction que j'ai rédigé, douloureusement, à partir de l'anglais, nullement de l'allemand que j'ignore.