Après avoir foulé le rude d’une terre,
Un sol sec et cassant, la croute d’un désert,
M’être brulé les yeux au détour du mystère,
En oubliant ma langue à la chair du scorpion,
M’abandonnais alors à ma simple passion :
Face au feuillage, être disert.
Je balançais mon cou dessus un rocking chair,
Bienheureux sur le deck et la voûte plantaire
Glissait sur le santal et j’entendais la mer
-Oui, j’étais tout petit, oui, je n’étais qu’un pion-,
Je cavernais ma gorge à mener la diction
Au-delà d’une vie austère.
Le banyan s’en foutait, l’hibiscus était fade,
Un scolopendre errait, promenait son corps mat,
Swinguait sur le bois tendre, il allait dans quel rade (?)
Un cagou s’excitait, donnait son opinion
Faisait des aboiements, toute une religion,
Oh, l’exotique Arafat !
Ainsi je m’endormis, feignant une ballade
Auprès de l’inconnu, près de mon ami, chat
Qui se moque des mots et de cette salade
Assaisonnée aux poils de l’abomination,
Qui comprend le sommeil mais pas trop l’obsession
De la rime en tant que rat.