Je connais un creux Sans Retour
où pâlissent, flétris, sans recours,
les souvenirs, vagues, dolents
d’une fée qui n’a plus vingt ans.
De ses fringantes chevauchées
Morgane, en sa prison dorée,
ne garde plus que des reliques,
meute qui rôde famélique
par les vallons de son passé.
Devant un miroir un peu flou,
tirant sur les plis de sa joue
Morgane, avec délicatesse,
épile au bord de son menton
trois poils, aussi blancs que coton.