Je vous livre mon tout dernier né, sûrement pas un modèle encore une fois, disons un essai :
Cette exubérance
de fleurs sur le cerisier
cette évanescence
On remarquera qu’il comporte lui aussi des termes abstraits (exubérance, évanescence), mais :
1/ ces termes s’appliquent à quelque chose de très concret (la floraison du cerisier), et de réellement constaté.
2/ je les ai choisis pour leur ressemblance phonétique (accentuée par la répétition du démonstratif « cette »), alors que leur sens est presque opposé : la floraison du cerisier est magnifique (terme que j’ai soigneusement évité, mais qui peut se lire « en creux ») ; toutefois elle dure peu (un certain regret entre les lignes). Dans ce cas, on a bien deux idées, la deuxième contredisant plus ou moins la première et apportant une certaine surprise, on se rapproche donc de l’esprit du haïku (j’espère).
J’ai volontairement renoncé à toute ponctuation (on attendrait peut-être un point d’exclamation à la fin), parce que ce serait trop banal, trop évident. J’essaie de « suggérer » plutôt que de « dire ». Et bien sûr, je ne parle pas de « mon âme », « mon cœur » etc.
Je ne doute pas qu’on puisse faire mieux…
Ce message a été édité - le 01-05-2025 à 09:30 par Tontonjacques