Le cesna stone

Par : Lau
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Lau

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Il s'agit de commencer un écrit par le dernier vers d'un poème d'auteur puis de se glisser dans ses rimes de la fin vers le début...


Le cesna stone

Ni nager sous les yeux horribles des pontons,*
A voir couler l’eau sale et transporter les drames ;
Rapide aux mille éclairs plus vifs que les photons
A flasher la photo des pixels et des trames,

J’escaladais l’écume, au loin, le virelai,
Ces strophes au cordeau, -comme l’amphore cache
Un diamant serti d’un argent ampoulé,
Pondait une sottise et s’annonçait la drache :

Des tonnes de flocons feulaient, c’était l’Enfer !
-Racine en profitait, l’heure était aux offrandes-
Et les serpents sifflaient juste au-dessus d’un ver
De Terre, Ô celle qui fut digne d’amarantes,

Parfois, quelques trous d’eau nous envolaient le cœur
Loin de sa destinée, ils nous faisaient dociles
A se laisser bercer par la douce langueur
De la cheville et de ses souplesses faciles.

Emus par tant de flots, dans d’autres alphabets,
Eussions-nous pu verdir juste un instant les feues
Victimes d’une vie –Et reposez en paix-
Vous n’imaginez pas la longueur de ces queues !

Dans ces vastes couloirs, sur ces fastes trottoirs,
C’est foire à la lumière –éblouissantes criques-
On jette l’eau du bain rougie aux dépotoirs,
On s’y montre l’I-phone en cyniques critiques,

Au suivant ! mais plus vite, - hein ? comment ? Obsolètes,
Sont déjà mes applis, Mon Fournisseur, c’est dur !
- Il n’est point de soucis, vos banques sont honnêtes,
Nous vous réabonnons, votre laxisme est sûr.

J’allais, donc rassuré, surconsommer, tu penses !
Mis dans mon corps un peu de poudre albe, un boisseau,
Jumpais sous les sunlights et me frottais aux panses
De cent guépardes qui me déchiraient la peau,

Sur leur épaule étaient tatoués des ocelles,
Un khôl luisait sous eux et les filait oblongs,
Ces amandes se liaient au vol d’hirondelles
Et scrutaient le raffut que faisaient les coulons ;

A traverser ainsi les toundras et les faunes,
A s’acoquiner des vermines et des poux,
A s’extirper de la ténacité des launes,
Sur un îlot, mis fin à cet idiot courroux.

Sur ce motu paisible, il était des parades
De laticaudas noir et bleu, représentants
De tous les reptiles des anses et des rades
Qui, sur la côte, esquissaient des arcs éclatants.

J’y cueillais les cassis, j’y ramassais les fraises,
Le visage adouci du rose des airains
Que le nickel reflétait depuis les falaises
Et se mélangeait aux pacifiques embruns,

Entouré de houris, si belles et feignasses,
A se prélasser sous leur paréo flottant,
Bien que tu les chérisses, que tu les aimasses
Il te fallut t’envoler encor mais, pourtant…

Insatisfait toujours à voir les tristes rides
S’assécher au petit matin, ces décors beaux
Ne me suffisaient plus, d’autres éphémérides
Croissaient au ciboulot, je cherchais d’autres eaux.

Dans un Shangri-La, haut, s’alignaient des prairies
Des monceaux de fraicheur au mitan des massifs
Que traversaient les rus, sous des intempéries,
Dévastateurs typhons qui nous rendaient passifs,

L’on sortait seulement durant les accalmies
Pour appâter la ligne et régler les flotteurs,
Les tanches et les perches semblaient nos amies,
Et d’elles, l’on dinait, le soir, près des conteurs :

Ils nous narraient en vers, en quatrains, en distiques,
Une infinie histoire où tant de feu-follets,
Lampyres dans la nuit, des phares extatiques,
Nous offraient le chemin de merveilleux bolets,

Quand ricanait le geai, roucoulaient les palombes,
Que l’agache exposait son lustre bleu mais noir,
L’on se rayait du monde et de ses hécatombes,
On inversait le sort et son bête entonnoir,

L’on se lissait la plume et sous l’aile, les ires
Se délitaient en farce en se noyant au gour
Souterrain, pile au fond de tendres tirelires
Nous immiscions notre axe en cet opportun four,

Lors, hurlait l’étymon et s’entendait le lemme
Au travers du calcaire et de l’iridescent
Granit ; c’est un charron, très étrange phloème,
Qui mena notre cri, bestial, presque indécent,

Au bord de la torsion, au bord de la cassure,
Comme une George Sand aux notes de Chopin ;
C’était une torture, aguichante blessure,
Partition dérisoire inscrite au calepin

Qui réveillait les sangs et des desseins, leurs hymnes,
Et quand la colombine animait les grelots
De quelque Arlequin fou, nous réveillaient les rimes,
En poupins, hurlions-nous nos borborygmes, rots.

Au travers des chênaies, au travers des hêtrées,
Bien avant de tomber dans l’oubli des avens,
Muché dans ma parka, face aux plus forts borées,
J’emmenais mes dragons près de mes plus beaux faons ;

L’on négligeait les ors des plus brillants palais,
L’on ne regardait pas leurs pitoyables cages,
Nos cils, cache-misère, issaient, ces fiers balais,
Cette poussière indue aux frêles marécages.

Comme je remontais des rimes impossibles,
Je me sentais vidé mais empli de chaleurs
Et si mes intentions sont souvent illisibles,
Que béni soit Rimbaud, l’un des plus beaux voileurs.


* Dernier vers du Bateau ivre, Rimbaud. : https://fr.wikisource.org/wiki/%C5%92uvres_(Rimbaud)/Po%C3%A9sies/Le_bateau_ivre
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Tontonjacques

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Ah ben flûte, moi, bêtement, j'avais respecté l'ordre originel. Ça commençait par :

(Histoire à suivre)

Comme j’examinais ce vieillard irascible,
Je sentis que j’allais bientôt faire un malheur ;
Le whisky descendu me rendait invincible
Et ne me faisait pas redouter la douleur.

Le pépé me semblait parfait pour l’étripage,
Il avait l’air d’un gland, ou d’un mouton anglais ;
D’un abruti parfait, d’un crétin des alpages,
Il sentait le moisi, et il était fort laid.

Tout barrissant, devant l’assistance effarée,
Je me jette sur lui, fier comme un éléphant.
Je riais de voir sa mine désemparée ;
Contre tout pronostic, l’abruti se défend.

Nul ne serait allé parier un centime
Sur la victoire de ce malingre charlot.
Mais l’on doute soudain : qui sera la victime ?
Il me boxe le nez, ah ! l’enfant de salaud.

(...)
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Lau

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ça le fait aussi
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Lau

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Honorables remerciements


Un poète qui polke avec un habit noir,*
Pogote un autre punk, empli de désespoir,
L’émotion se danse et s’enchaine.

Elle, suavement, se trémousse et l’airain
Sur sa hanche rougit ; gigue ainsi le marin
Sur le son que ce rythme assène.

L’extase au bout du pied, c’est le It qui te happe
Quand le jazzy t’échappe apparaît la gaîté ;
Le beat casse, entêté, le basson qui te scalpe,
L’automne au charleston arrose cet été

Sous la Milky way dance où le ça, chat, chaud, lape
Un jus de kava frais dont la seule âcreté
Siffle à l’incertain flow de n’oublier la sape
Où tu javas, mon frère, aux sons de Mallarmé.

Dernier vers du poème de St. Mallarmé, Contre un poète parisien


https://fr.wikisource.org/wiki/Contre_un_po%C3%A8te_parisien





Ce message a été édité - le 05-04-2025 à 10:47 par Lau
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Pierre Lamy

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Saint-Amantienne inversée


Si quelqu’un sait la rime, il peut bien l’achever…

Moi m’sieur. Il faut et il suffit d’employer « jongle »
On ne connait pas meilleure rime pour « ongle ».

Tout poète accompli se doit de cultiver
l’art de la rime. Et jusques au chanteur des rues.
Ces dames du forum en sont les plus férues.

Voici donc achevé ce burlesque sonnet.
De vous à moi, c’était quand même assez fastoche.
— épithète qui rime avec « aristoloche » —
Et sans avoir recours au coup du sansonnet.

Et m’en voici folâtre autant qu’un garçonnet.
Certe on peut y trouver quelque chose qui cloche.
Un « s » licencié ? Basta, c’est dans la poche.
Pour fêter ça, je vais m’offrir un Dubonnet !
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Lau

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Extra, Pierre !

https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques/poemes/marc_antoine_girard_de_saint_amant/sonnet_inacheve





Ce message a été édité - le 05-04-2025 à 10:44 par Lau
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Pierre Lamy

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L'assassin de papa


« Qu’il est joli garçon l’assassin de Papa ! »

Scotchée sur les infos de la première chaîne,
à vingt heures dix-sept, se lamentait Chimène.

Le clip ayant cessé, l’infortunée zappa.
Rodrigue entre deux flics ? C’en était trop pour elle.
La malheureuse enfant sitôt devint rebelle.

Tout avait commencé, lorsque, tel un butor,
son père avait botté, de Diego, le derrière,
vendredi soir, pour on ne sait quelle embrouille. Or,
le vieux notable était, de Rodrigue, le père.

À la boxe le mec était un vrai cador.
Il massacra l’affreux quasiment à l’ancienne.
À coups de poings au pif, et encore et encor !
Situation, du coup, carrément cornélienne.
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Lau

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Yeah !

https://fr.wikisource.org/wiki/La_N%C3%A9gresse_blonde_(recueil)/Le_Cid


Roses


Respires-en sur moi l'odorant souvenir…*
- Fais donc taire l’éclair de l’étoffe lamée,
Brise enfin cette armure et stérile et damnée,

Tant d’amour contenu ne peut que nous punir.
Subsiste la fragrance où, par maintes allées,
Le colchique chantait aux grognons azalées :

N’étranglez pas la rose -et ne point la bannir-
Surtout ne pas frémir quand nous frôlent ces choses,
Quand mille séraphins entonnent mille gloses.



* Dernier vers du poème Les roses de Saadi, M. Desbordes-Valmore

https://fr.wikisource.org/wiki/Po%C3%A9sies_in%C3%A9dites_(Marceline_Desbordes-Valmore)/Les_Roses_de_Saadi
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Tontonjacques

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(...)

L’issue à cet instant paraît rien moins que sûre ;
Je le shoote au plexus, il me retourne un pain.
Je lèche le raisin coulant de mes blessures :
Je crois qu’il vaudrait mieux que j’appelle un copain.

On dira que c’était un honteux stratagème
Et que le procédé s’avérait indécent ;
Qu’on me laisse donc seul à juger du problème :
J’étais quasi sonné et déjà tout en sang.

– Alfred ! crié-je donc du fond de mon délire,
Alfred, ô mon ami, viens m’aider, au secours !
Ce vieux birbe enragé me fend la tirelire,
Il me tanne le cuir et tape comme un sourd !

Sur sa Kawasaki, Alfred arrive en trombe.
D’un coup d’œil, il comprend ; les marrons vont pleuvoir.
Il fonce dans le tas tandis que je succombe :
Un véritable ami ne doit pas décevoir.

(...)
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Tontonjacques

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C'est pas fini...

(...)

Mon pote, tout rempli d’une ardeur frénétique,
Tombe sur le vieillard, l’entreprend sans délai ;
Mais l’autre déplumé change alors de tactique
Et, d’un poignet de fer, le saisit au collet.

Il le soulève avec une force inouïe
Tout en le martelant d’un poing dévastateur ;
Ah ! l’homme à la moto va finir en bouillie :
Quel affligeant destin pour un libérateur !

Tu parles d’un coup bas, saleté, vacherie !
Alfred, hors de combat, s’effondre tout pensif ;
Le vieux semble vouloir lui soigner les caries :
Il le cogne au menton d’un crochet décisif.

Triomphant par KO, l’ancêtre se déride :
Il s’éponge le front, et reprend son chapeau.
Quel était ce gaillard aux manières torrides ?
Un ancien des paras, ou de la Gestapo ?

(...)
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Tontonjacques

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La suite ! la suite !

(...)

(Bon, je vais abréger ; désormais, la menace,
Avec le vieux débris, s’éloigne en cahotant ;
La castagne avait lieu boulevard Montparnasse,
On ne va pas non plus y passer cent sept ans).



Je saute dix quatrains.(1) Soit, de versets, quarante.
Sur mon crâne, ma bosse a des reflets amers.
Sois sage, ô ma douleur
étrange et pénétrante !
(J’étais mieux chez maman, là-haut, à Saint-Omer.)

Tu réclamais le soir : il vient, on fait relâche ;
J’entends des carillons et me sens tout paumé.
Gémir, pleurer, prier, est également lâche :
Alfred parlait ainsi. Vieux motard que j’aimais !

Mais je suis trop disert, je sens que l’on me blâme ;
J’ai pris des coups de pied et des coups de bâton.
Mon cher motard n’est plus, et j’ai des bleus à l’âme :
Il est temps d’achever ce roman-feuilleton.

(1) Non, neuf, en fait; soit 36 vers.

(Vous aurez remarqué quelques emprunts éhontés, sans compter un à-peu-près classique quoique tout à fait consternant).
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Lau

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Commis avec PierreLamy :

Au bar du loup


Pierre : Comme je descendais la poubelle, impassible,
je fus interpellé par de jeunes dealers.
Ces gibiers de potence, en me prenant pour cible,
voulaient me faire voir de toutes les couleurs.

Lau : Pour, ces monstres, décrire, il en faudrait des pages !
Ah ! comme ils étaient vils Ah ! comme ils étaient laids
Oui ! je les occirai dans d’atroces flambages !
Convoquant mon courage –et sans aucuns délais-


Par chance, ma poubelle empestait les marées,
le chou-fleur obsolète et la merde d’enfants.
Quelques Kawasakis, promptement démarrées.
emportèrent des keums assez peu triomphants.

Nauséabond secours ! Ils étaient pâlissimes,
Jamais au grand jamais, n’en vis de si pâlots !
Deux motards attardés carrément bêtissimes
Zigzaguaient tristement, on eût dit deux Charlots.

Ce jour-là, je portais mes nouvelles chaussures.
J’en change quelquefois, bien que n’étant rupin.
Les anciennes étaient pleines de vomissures
commises chez Suzon par ce maudit rapin.

Il était tard déjà, je mourais sous la flemme,
Mes pompes affichaient un regard nitescent ;
Aller au Bar du Loup pour y taper la brême (?)
J’allais à pieds ; prendre la Rolls fût indécent.

Au fameux Bar du Loup se retrouvent les pires
des vieux adolescents interdits de séjour
dans les lieux mieux famés. Même au Bar des Vampires.
Il m’arrive parfois d’y aller faire un tour.

Ce rade est planqué tout au creux de catacombes,
Sa cache est si discrète auprès d’un vieux manoir ;
Si l’on ne connait pas, l’on y passe des plombes
Avant de renoncer, sans feu, sans allumoir.


Les hôtesses y sont divinement gothiques.
La cheffe étant végan — bourgeoise de Calais —
les sangs qu’on sert au bar sont des sangs synthétiques.
Mais néanmoins bios et dûment contrôlés.

Hétéroclite faune : on croise des mamies
Que le botox anime, aux yeux révélateurs
D’abus de dopes en tout genre et leurs manies
Se mêlent aux gigolos les plus zélateurs.

Un beau soir d’Halloween, ces dames ahuries
par les tours d’un vieil illusionniste aux longs tifs,
se virent délester de leurs quincailleries.
Puis l’être pris son envol par delà les ifs.

Entre autres spécimens, des dandys sybarites
S’y prélassaient à vie en perpétuels baux ;
Ils étaient pleins aux as, n’avaient pour seuls mérites
Que de changer en Dior les plus laids oripeaux.

Comme je suis tenté par toutes les audaces,
j’y suis allé mater quelque Léviathan.
Mais l’engeance officie en tout autres espaces.
Je me suis retrouvé Gros-Jean comme devant !

Las ! j’invitais à ma table de purs balèzes,
Des experts en belote, oh quelques margoulins,
Deux teilles de whisky puis deux, trois javanaises,
Bref, de quoi passer la soirée en vrais vilains.


Écolier, je n’avais que d’affreux camarades.
Pour foutre le bordel ils étaient épatants.
Le plus capé suivit un master « algarades ».
Des PDG du CAC, c’est un des plus méchants.

Concentrés sur nos jeux et toutes leurs icônes,
Voilà-t-y pas qu’une greluche dit : - Mes choux,
Alignez donc le flouze, on est loin d’être connes,
Piquant de son surin, de Bébert, les bijoux…


Depuis leur plan Me Too, ces satanées gazelles,
oublieuses des lois, ont pété tous les plombs.
Ces putes sont sorties avec nos escarcelles
après avoir piqué l’ensemble des roustons.

En stoppant l’hémorragie au bas de nos panses,
Tenant nos orphelines et notre moineau
A pleines mains, Bébert m’interrogea : - Tu penses
Que ça ne restreindra pas notre bigorneau ?


Pas de problème. Intactes sont nos bistouquettes.
Mais il faut vérifier qu’on rentre dans le dur.
Menons Popaul au cirque, ainsi que les poètes,
avec une naïade et sous un ciel d’azur.

Quel plaisir de savoir qu’indemnes sont nos triques
Mais mener une gueuse aux sofas des boudoirs
Réclame du pognon pour ces ébats tantriques
Or nous sommes rincés, rincés des égouttoirs.


Il faut positiver. Nos bourses ne sont feues.
Nous reste le secours de nos veuves poignets.
Aux pleutres, laissons les immobilités bleues.
Lançons au clair de lune une salve de pets !

Au diable la pression d’organes érectiles…
Vois-tu, l’ami, je suis fiu d’être encor bringueur ;
A notre âge, il m’appert que sont bien inutiles
Ces nuits, comme un zazou, comme un tonton flingueur.


Le sage bien au chaud, la nuit sous ses couvrantes,
lesté d’une tisane, en rêve prend la mer.
Il sait l’effet pervers des boissons enivrantes.
En attendant Morphée, il lit un Jack Palmer.

C’est puissant la lecture et, vite, on s’amourache
De la moindre figure, ou héros ou paumé,
Parfois à notre vie absurde, l’on s’arrache
Et, sur place, on écrit un dessein animé.

Sur cet Ivre Bateau nous nous dépatouillâmes
avec vingt-cinq quatrains. Quelquefois à tâtons.
Et, dans les ouragans, si nous extrapolâmes,
c’était parce que sont marins nos ripatons.
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Pierre Lamy

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Mallarmade

Ainsi qu’une joyeuse et tutélaire torche
allume son regard quand un singe elle écorche

Ainsi la supporter est un fameux exploit
Mais pourquoi donc Yahweh a-t-il crée la femme ?
L’autre soir me baignant près de Saint-Jean-du-doigt
je pensais à ce truc que parfois l’on diffame.

Quand un lampadophore un poil ivre et rieur
Vient pour me rappeler que la vie continue
Qu’un palpitant palpite en tout bel intérieur
Nonobstant les oiseaux qui hurlent sous la nue.

Aussi sec je rejoins mon accueillant foyer
Où m’attend chaque soir une épeire diadème.
Lors est venu le temps béni de déployer
Ce poème à la con qui me pousse à l’extrême.
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Lau

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https://fr.wikisource.org/wiki/Po%C3%A9sies_(Mallarm%C3%A9,_1914,_8e_%C3%A9d.)/%C2%AB_La_chevelure_vol_d%E2%80%99une_flamme_%C3%A0_l%E2%80%99extr%C3%AAme_%C2%BB


Dette


Ayant peur de mourir lorsque je couche seul *
Ô sans aucun espoir de rejoindre un aïeul
-Des au-delà, dans mon esprit, point ne caresse-,

Je sens couler aux sangs toute l’atrocité
D’un étranglement sourd et sa férocité,
Dans l’insomnie est la récurrente maîtresse.

De ce lit ravagé, je vois les mêmes ports
Me refusant l’accès quand l’agressive sphinge
Torture ma pensée et, de tirer des bords,
Guère ne sert ; lors, quelque faux-sourire, feins-je.

Quelle est donc cette farce qui fait s’angoisser
Sans aucune raison, et le corps et la tête,
Et cette absurdité qui se met à poisser
Sur mes nuits blanches telle une fatale dette ?

• Dernier vers du poème Angoisse de St. Mallarmé

https://fr.wikisource.org/wiki/Po%C3%A9sies_(Mallarm%C3%A9,_1914,_8e_%C3%A9d.)/Angoisse



Ce message a été édité - le 05-04-2025 à 16:54 par Lau
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Arielle

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La Brise Marine m'a poussée dans le mauvais sens ...

La chair est triste hélas et j’ai lu tous les livres
Du sommeil qui me fuit montent des hoquets ivres
Au bord de ce flacon plus vide que les cieux
Je cherche un rien de rêve à m'en user les yeux.

D’une aube en berne suinte un soleil de détrempe
Sur la mièvre clarté dégouttée par la lampe
Quand la fatigue enfin, que plus rien ne défend,
M'étourdit au matin comme un petit enfant.

Levant l’ancre en plein jour, Ho hisse ! La mâture
Sous l'aquilon ronflant retrouve sa nature

Le sommeil est le seul vaisseau de mes espoirs
Sur mon front, sans vergogne, étalant un mouchoir
Je renonce aux travaux serviles, les orages
Guettent ces galériens qui courent aux naufrages

Affalée sur mon lit, ce fabuleux îlot,
Aux doux bras de Morphée je m'offre, matelot !