Béérëwè -Pirogue-

Par : Lau
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Lau

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Une offrande était faite auprès de Manghénine :
Un pot de tabac brun, quelque igname, un taro ;
Le maître de céans, le grand serpent d’Oro,
Aurait sur l’abattage un regard magnanime.

Un premier coup de hache au pied du kaori,
La sève descendait, c’était la vieille Lune ;
Couchée horizontale, une impeccable grume
Devenait vite un fût, de l’écorce, amaigri.

Sous les cris du cagou, les coups de barre à mine,
Le feu creusaient la chair tendre comme l’uru,
L’herminette évidait, lissait le bois écru,
L’oiseau striait le ciel de sa note canine.

L’acte final de ce tropical opéra :
Sur l’épaule, les fustiers portent la fortune ;
Aucun tabou n’est transgressé, c’est la coutume,
Longtemps sur le lagon, l’arbre naviguera.
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Kerdrel

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Autre lieu, autre coutumes et traditions remplies d'exotisme

👋
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Tontonjacques

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Un soleil africain douloureusement lustre
Le crâne du toubab qui va sans couvre-chef ;
Son front luisant s’empourpre, on dirait Gorbatchev,
Partout les palmiers nains érigent leurs balustres.

L’alligator sournois, dans sa torpeur palustre,
D’un œil sanguinolent examine le bief ;
On chercherait en vain — car y’en a pas bézef —
L’ombrage nuptial, solennel et augustre. (1)

Mais quels sont ces gaillards aux trois quarts dévêtus,
Agitant des sagaies et des objets pointus ?
Cette tribu barbare, et de sang assoiffée ?

Ainsi s’interrogeait l’innocent girafeau,
Sa maman, le jour même, ayant été bouffée
Par les ressortissants du pays Sénoufo.

(1) Même pas honte.
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Lau

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Kerdrel,

...Et sans bouger, empreinte carbone : walou

👋


TontonJacques,

En plein la métropole, une zone lacustre
Annécienne offre au pékin, sur une nef,
-Un joli yacht qui rendrait Ben Salman, zéref
Ou vert, Arnault Bernard ; un beau joujou qui frustre !-

Donc, on y sert, disais-je, une cuisine illustre
Coûtant la peau du cul, générant un bénef
Qui financerait à lui seul tout l’UNICEF.
Aux pianos, les secrets d’un vieux Bauju rustre :

Bien sûr, ses ingrédients, il les a toujours tus ;
On les pense importés de très lointains motus,
Agar-agar ? Bœuf de Kobe ? Mangue arrivée

Du fin fond du Pendjab ? Néo-zélandais veau ?
Que nenni, niet ! Toute sa carne est dérivée
De feus clients dont il sert même le cerveau.
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Salus

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Oui, mais la pirogue, là, c'est très beau, très propre, ca coule de sens comme de son ; j'ai voyagé sur une pirogue en construction.
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Lau

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Pour te remettre du jetlag
Voici quelques vers sur la plage,
De l’eau de coco ? ça soulage,
Ce chantier n’est pas un goulag !
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Tontonjacques

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Pour rester dans l'ambiance :

Il faut de temps en temps que l’homme se soulage.
Or, au fond de l’Afrique, un gonze industrieux
Avait édifié, providentiel ouvrage,
Ce charmant cabanon qu’on dénomme « les lieux ».

Leur usage restait réservé aux messieurs ;
Certaines trouvaient que c’était un peu dommage.
Bien que son rôle fût rien moins que glorieux,
Le modeste édicule offrait des avantages.

Debout sur le bois dur de ce continent noir,
Je me préparais à irriguer l’urinoir,
Les deux pieds écartés avec magnificence.

Mais ce fruste plancher, on l’avait saboté !
Et je réapparus, minable et tout crotté :
J’avais chu dans la m… au fond des lieux d’aisance. (1)


(1) Je trouve que ce poème répugnant mériterait un bon coup de torchon. (Vanderbrouck)
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Lau

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Ça ne pas sent pas la Rose* au temps des colonies
Comment ne pas penser au triste Bardamu
-Céline au Cameroun qui, par le dégout, mû,
Navigue entre la fièvre et les ignominies-

Il veut fuir la tranchée avec ces tripes nues,
L’odeur des chairs au jour de son pire ennemi,
Quand le chaud des boyaux, l’hiver, devient l’ami
Qui vous sèche une larme et les déconvenues.

« Et plus, ça sera loin, mieux ça vaudra », dit-il
Car il s’imaginait un tropique subtil (?)…
Quitter enfin la nuit pour retrouver la trique,

Raccrocher à la vie, être un nouveau Rimbaud
Sur le hamac, sombrer dans un rêve ribaud,
Mais la douceur, bernique ! et l’enfer, c’est l’Afrique !


*Isabelle Huppert

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Tontonjacques

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Le Bateau libre (Retour à la nature)

Tandis que je doublais les Îles de la Sonde,
Sur le pont boucané par un soleil ardent,
J’avais réendossé le costume d’Adam
Et narguais fichtrement les foules pudibondes.

J’avais abandonné les usages du monde
Comme on laisse un cafard au fond d’un verre à dents ;
Tout nu et tout poilu, tel un orang-outan,
Je contemplais l’étrave élargissant les ondes.

Elles étaient bien loin, nos mœurs occidentales !
Je jouissais librement de la touffeur brutale
Et j’y batifolais, comme en apesanteur.

C’est là qu’environné de peuplades farouches,
Je ne me sentis plus bridé par les râleurs ;
C’était miraculeux, ça semblait presque louche.
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Lau

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Une journée ordinaire... Il y a longtemps


Emeraude était l’eau des Iles de la Sonde,
Nous quittions, forcenés, les sables de Sumba,
Javelots qui savaient sur l’île de Java
Tracer le temps d’après ; nous sommes la seconde.

Flores ! c’était Flores ! Oui, nous sommes le monde,
Nos doigts sont hibiscus, notre œil, le vert mamba,
Filons ! Sapiens, filons aux rochers de Rapa,
La pirogue au passé laisse l’écume blonde.

Si noirs, petits, un mètre ! Et pas d’autres besoins
Que de tisser la hutte et sourire aux babouins,
Laids sous la Lune satisfaite,

Notre sang s’excita si loin que nos gourdins,
Désintégrèrent l’os de ces tristes pantins,
Beaux sous le Soleil, c’est la fête !
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Tontonjacques

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Revenons à l'Afrique, dont nous sommes tous sortis un jour (surtout moi).


Le blues du camionneur dans la brousse africaine


Le moteur tousse et cale irrémédiablement ;
Il flotte dans la brousse un parfum de malaise.
C’est ici le début de mes em… bêtements :
Faut retrouver le cric, à moi la clé anglaise.

Je le subodorais, j’ai pété un essieu ;
La situation s’annonce pas fameuse.
Passer la nuit ici ? Ça semble périlleux
Et les fourrés sont pleins de bêtes venimeuses.

Bon sang, j’en aurai vu de toutes les couleurs !
L’Afrique enchanteresse, ah oui, quelle ironie !
J’ai beau me prévaloir d’être un peu bricoleur,
La poisse, je le sens, est loin d’être finie.

Plus rien à espérer, c’est mort, je suis refait ;
Cent bornes, tout au moins, jusqu’au prochain garage.
Bon, eh bien j’aurai fait tout ce que je pouvais :
Le bahut est foutu, et je suis au chômage.

https://suno.com/song/bcf65901-4ba6-4ade-86c2-3b10f01ff38f?sh=AEpxrxkjECwdTXPo

(ouais, je sais, c'est pas du blues, plutôt du reggae)
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Lau

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On l'aura compris, je suis plus "Pacifique"


L'aveugle et le banyan


Sous les feux violents d’un midi pacifique,
Corps à même la sèche écorce d’un ficus
-Une baleine en bois, un banyan magnifique-
Aveugle, tu t’endors aux ors que tu vécus.

Tonitruant azur, sa source jaunifique
S’étoile en mille rus et les fleurs d’hibiscus
Sont autant de rubis quand l’image nymphique
Se livre à ton esprit vengeant tes yeux vaincus :

La sève dans le sang, les veines aux lianes,
Tes doigts touchent les mains de muses océanes
Qui promènent ton cœur près du frangipanier,

Couchent tes os lassés sous le ciel d’une hutte
Aux nuages rosés, le canaque vannier
Tresse un fil de lumière à ton âme et sa chute.

https://suno.com/song/301db290-6367-4790-a339-87d1ee258498
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Tontonjacques

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Entre vieux bourlingueurs, on est fait pour s'entendre...

Mon canot se trouvait au Guilvinec ancré.
Je ne songeais alors qu’avec condescendance
À ces îles Sandwich où Cook fut massacré,
Et finit dévoré, suite à son imprudence.

Je rêvais de l’Islande aux multiples geysers,
D’un Planteur dégusté aux bars de Fort-de-France…
Succombant, fasciné, aux mirages des mers,
Je m’y lançai un jour, et non sans assurance.

Mais je perçus bientôt des signaux alarmants :
Le moteur émettait des bruits peu catholiques ;
Je dus l’abandonner au fond de l’Atlantique.

Pourtant je poursuivis, à la voile, en ramant,
Et j’avais oublié cet incident futile
Lorsque je débarquai sur les Îles Kouriles.

(Hisse et ho, Santia-ano... Plus de crédits sur suno, désolé...)
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Lau

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Bourlinguer... ça me fait penser à un Suisse qui m'inspire...



Mahana

A bâbord
Déjà
*
L’aéroport international !
Le soleil gicle sur les vitres
Le train d’atterrissage crisse au tarmac
A droite
Encore
La Base aéronavale
Saupoudrée de flamboyants et de bougainvilliers
Ça y est !
Tontouta… Tontouta !
Cosmopolite terminus
Se croisent
Le canaque, le caldoche, le vanuatan
Tout ce que le Pacifique compte d’ex îlés
Tous ceux que la Métropole a bannis
Au bagne mis
Le Kabyle, le Philippins, le Breton qui jurait,
L’Australien, le Futunien, le Japonais
Des millions d’âmes métissées
Sous les banians
Des langues
Des milliers
Le javanais le Xârâcùù
Le bichelamar

Ton regard
C’est la première fois que j’écris grâce à l’aiguille d’un oursin-crayon
Ton prénom

* Derniers vers du poème de Cendrars 35° 57' LATITUDE NORD 15° 16' LONGITUDE OUEST





Ce message a été édité - le 29-03-2025 à 23:05 par Lau