Poème de Iossif Djougachvili

Par : Kerdrel
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Kerdrel

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Les dictateurs sont de poètes comme les autres!

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«Le bouton rosé s’est ouvert,

Se précipitant vers le violet bleu-pâle

Et, agité par une brise légère,

Le muguet s’est penché sur l’herbe.



L’alouette a chanté dans le bleu foncé,

S’envolant plus haut que les nuages

Et le rossignol au doux chant

A chanté une chanson aux enfants depuis les buissons



Fleur, oh ma Géorgie!

Que la paix règne sur ma terre natale!

Et vous, mes amis, puissiez vous

Par l’étude rendre célèbre Notre Mère Patrie!»


Joseph Staline
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Kerdrel

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Avant que Joseph Staline ne se rende célèbre pour avoir massacré des millions de ses compatriotes, le dictateur soviétique était un poète géorgien de renommée locale qui composait des odes fleuries à la nature et aux héros de la classe ouvrière. L’œuvre du jeune Iossif Djougachvili fut considérée assez valable pour être incluse dans de prestigieux journaux littéraire et anthologies géorgiennes de l’époque. Selon Young Stalin de Simon Sebag Montefiore, les poèmes du dictateur étaient déjà devenus des classiques géorgiens mineurs avant qu’il ne prenne le pouvoir—certains furent même appris involontairement par des écoliers jusqu’aux années 1970 (Staline publiait généralement sous l’anonymat). Ses évocations dithyrambiques du paysage luxuriant et vallonné de la Géorgie, comme dans le poème «Matin», étaient idolâtrées des nationalistes et lues comme des repoussoirs de la répression tsariste:
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Pierre Lamy

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Ode à Staline (1950)

Staline dans le coeur des hommes
Sous sa forme mortelle avec des cheveux gris
Brûlant d’un feu sanguin dans la vigne des hommes
Staline récompense les meilleurs des hommes
Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
Car travailler pour vivre est agir sur la vie
Car la vie et les hommes ont élu Staline
Pour figurer sur terre leurs espoirs sans bornes.

Et Staline pour nous est présent pour demain
Et Staline dissipe aujourd’hui le malheur
La confiance est le fruit de son cerveau d’amour
La grappe raisonnable tant elle est parfaite

Staline dans le cœur des hommes est un homme
Sous sa forme mortelle avec des cheveux gris
Brûlant d’un feu sanguin dans la vigne des hommes
Staline récompense les meilleurs des hommes
Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
Car travailler pour vivre est agir pour la vie
Car la vie et les hommes ont élu Staline
Pour figurer sur terre leur espoir sans bornes.

Paul Éluard
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Kerdrel

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La vue du sinistre Robespierre que j’exècre, en tant que poète, est une ignominie le lendemain de son exécution avec trois de ses comparses, une centaine de robespierristes jurent "décollés" enfin on libéra 40 000 personnes qui étaient en attentent de la guillotine...
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Kerdrel

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Les quatre sans cou


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Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,

Quatre à qui l’on avait coupé le cou,

On les appelait les quatre sans cou.



Quand ils buvaient un verre,

Au café de la place ou du boulevard,

Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.



Quand ils mangeaient, c’était sanglant,

Et tous quatre chantant et sanglotant,

Quand ils aimaient, c’était du sang.



Quand ils couraient, c’était du vent,

Quand ils pleuraient, c’était vivant,

Quand ils dormaient, c’était sans regret.



Quand ils travaillaient, c’était méchant,

Quand ils rôdaient, c’était effrayant,

Quand ils jouaient, c’était différent,



Quand ils jouaient, c’était comme tout le monde,

Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,

Quand ils jouaient, c’était étonnant.



Mais quand ils parlaient, c’était d’amour.

Ils auraient pour un baiser

Donné ce qui leur restait de sang.



Leurs mains avaient des lignes sans nombre

Qui se perdraient parmi les ombres

Comme des rails dans la forêt.



Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois

Et les idoles se cachaient derrière leur croix

Quand devant elles ils passaient droits.



On leur avait rapporté leur tête

Plus de vingt fois, plus de cent fois,

Les ayant retrouvés à la chasse ou dans les fêtes,



Mais jamais ils ne voulurent reprendre

Ces têtes où brillaient leurs yeux,

Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.



Cela ne faisait peut-être pas l’affaire

Des chapeliers et des dentistes.

La gaieté des uns rend les autres tristes.

Les quatre sans cou vivent encore, c’est certain,

J’en connais au moins un

Et peut-être aussi les trois autres.



Le premier, c’est Anatole,

Le second, c’est Croquignole,

Le troisième, c’est Barbemolle,

Le quatrième, c’est encore Anatole.



Je les vois de moins en moins,

Car c’est déprimant, à la fin,

La fréquentation des gens trop malins.

Robert Desnos

Les quatre sont: Maximilien, son frère Augustin, Couthon et Saint-Just.
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Salus

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Heureusement les poètes sanglants (et sans gland ?) sont assez mauvais ; mais leurs vers prennent d'étranges connotations ; celui-ci est de - justement - Robespierre (orthographe d'époque):

CHANSON ADRESSÉE A Mlle HENRIETTE.....


Veux-tu sçavoir, ô charmante Henriette,
Pourquoi l’amour est le plus grand des dieux,
Par quel prodige il étend sa conquête
Sur les enfers et la terre et les cieux ?

Ne pense pas qu’il doive sa victoire
Aux traits perçans, que tu vois dans mes mains,
Que sur son arc, il ait fondé sa gloire
Et tout l’espoir de tes brillans destins.

Il te forma, tu lui donnas l’empire.
Depuis ce jour l’amour victorieux
Donna des loix à tout ce qui respire
Et triompha des mortels et des dieux.

De tous ses dons déploiant la richesse
De mille attraits il orna ton minois,
Dans tes beaux yeux, il peignit la tendresse
Et te forma la plus touchante voix.

Il te donna le sourire des grâces,
Dans tous tes traits, il marqua ta bonté,
Apprit aux ris à voler sur tes traces
Et sur tes pas, il fixa la gaité.

Il arrangea ta noire chevelure
Pour relever la blancheur de ton teint,
A Vénus même enlevant sa ceinture
Il t’en para de sa divine main.


...Charmant, non ? - Et cet extrait, du même :

Voulez-vous dans le monde être déshonoré !
Je vais vous en donner un moïen assuré !
Mouchez-vous par vos doigts en bonne compagnie ;
En vain à la vertu vous joindrez le génie,
Le faquin le plus vil, l’homme le plus taré
Chez les honnêtes gens, vous serez préféré !
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Pierre Lamy

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Staline est le midi, la maturité de l’homme et des peuples !
Staline est un phare pour les colombes.

Staliniens. Nous portons ce nom avec orgueil.

Staliniens. Telle est la hiérarchie de notre temps.

Dans ses dernières années la colombe

La Paix, l’errante rose poursuivie, se posa sus ses épaules

et Staline, le géant, la porta à la hauteur de son front.

Ainsi virent la paix les peuples éloignés."

Pablo Neruda



Ce message a été édité - le 27-03-2025 à 12:07 par PierreLamy
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Kerdrel

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Dans la série: Saddam Hussein
qui débutait une remarquable carrière littéraire. 😊

Le premier roman de Saddam, Zabiba et le roi, publié en 2000, fut suivi de trois autres romans: Le château fort (2001), Les hommes et la cité (2002) et Hors de ma vue, démons!, livre qu’il aurait terminé un jour à peine avant l’invasion américaine et qui a été sorti clandestinement d’Irak par l’une de ses filles. Ses romans étaient populaires en Irak (peut-être pas forcément par choix), et le dernier a même été traduit en japonais.

👋
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Tontonjacques

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Que les dictateurs poétisent, bon, c'est peut-être de l'humour noir, mais c'est leur droit. Mais qu'un écrivain ou un artiste se mette au service d'un politicien, quel qu'il soit, cela me paraît être une véritable ignominie et une stupidité sans nom.
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Pierre Lamy

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C'est ce qu'on appelle la "poésie engagée".
Cette expression très chicos fleure l'oxymore.
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Kerdrel

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" Allô Tonton, pourquoi tu tousses ? Tu vas rire, ça n'est pas du bicarbonate C'est du sucre en poudre ! Allô Tonton, pourquoi tu tousses plus ..."

😊 🤣
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Pierre Lamy

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Le froc de l’hypocrisie


Notre seule fortune, cela n’est que ce froc de l’hypocrisie
Nous, on est enchaîné dans le piège de la ruse

La vanité, l’égoïsme, la prétention nous envahissent tous
Ainsi, tout en nous a été impotent soit l’âme, soit la mentalité
Nous, on n’a pas traversé la rue de l’Ami
Et l’on n’a rien vu, autre que ce livre clos
Éloigné de tout le monde, on s’est retiré dans la taverne
On ne s’est résigné qu’à ce Destin
Tout derviche qui ne soit pas digne de son nom
Il ne contemple les créatures que d’un œil humiliant
Tout soufi qui ne soit pas dévoué à son dogme
Il serait attaché au pouvoir comme à la richesse
Tout savant qui soit dépourvu de sincérité
Son savoir à lui ne serait interprété que sous le voile
Tout mystique qui connaît le mysticisme juste lors de certains livres
Il serait attaché à d’humbles mots et expressions et rien d’autre

Ayatollah Khomeiny

http://fr.imam-khomeini.ir/fr/n30884/Le-froc-de-l-hypocrisie-Les-po-mes-de-l-Imam-Khomeiny
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Kerdrel

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Poème de Ruhollah Khomeiny

Ouvre la porte de la taverne, et allons-y le jour et la nuit,

Car je suis malade et las de la mosquée et du séminaire.

J’ai déchiré le costume de l’ascétisme et de l’hypocrisie,

Revêtu le manteau du cheik écumeur de tavernes, et je suis devenu avisé.

Le prédicateur de la ville m’a tant tourmenté de ses conseils

Que j’ai recherché de l’aide dans l’haleine du débauché aviné.

Laisse-moi seul me remémorer le temple-idole,

Moi qui ai été réveillé par la main de l’idole de la taverne.»

Ces vers de Khomeini, comme ce poème publié d’abord en anglais par la New Republic après sa mort, peuvent paraître étonnamment profanes:
Le coran
«considère que les poètes sont fourvoyés, et dans les années 1940, Khomeini eut des problèmes avec le clergé traditionnel qui l’accusa d’hérésie à cause de l’intérêt qu’il manifestait pour l’enseignement du mysticisme et pour sa transcription écrite.»

😊 🤣