Néanmoins j'ai bon pif...

Par : Tonindulot
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Tonindulot

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Qui m’a posé ce nez au centre de la face
Et fait qu’on rit de moi, hélas, à tout instant?
De cela je suis las et vois ce roc pointant
Comme un long promontoire émaillant ma surface.

Ne vous inquiétez plus, mais faîtes la grimace
A celui qui vous daube en rires l’attestant.
Je vous aime tel que, et vous, le contestant,
M’obligez à clamer d’un propos plus tenace.


Vous me semblez, Cousine, encline à la pitié
Et vous sais gré, surtout, d’une telle Amitié.
Je vous dirai plus tard quelque belle tirade !

Je sais que votre toque a toujours son panache
Que tous vos longs récits n’ont aucune parade
Quand ils luttent sans fin contre la sotte arnache.


En effet, cette nuit, j’ai longtemps ferraillé
Portant d’énormes coups sur de fermes poitrines.
Les souffles suffocants sortant de ces narines
Prouvaient à tout badaud que j’avais bataillé.

Ô vaillant justicier ! Vous avez travaillé
Comme un juge précoce agissant dès matines.
Vous avez, pour vous seul, en faveurs palatines
Mon fervent compliment d’un éloge émaillé.


👋



Ce message a été édité - le 16-03-2025 à 11:42 par Tonindulot
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Oxalys

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C’est vrai que vous avez une toute autre voix

C’est un plaisir pour moi, ce soir, de vous entendre,
Vrai chantre de l’amour au verbiage fort tendre,
Que, sans bien distinguer, j’estimais seulement.
Vous ne ressemblez guère au beau prince charmant,
Avez pourtant les traits attestant la noblesse,
Une aura de vainqueur, du talent, de l’adresse.
Toute votre personne est ce que j’espérais :
Autre qu’un bellâtre et pourtant pleine d’attraits,
Voix de velours, bouche attirante et nez superbe !

Edmond Rostand - Cyrano de Bergerac
Acte III scène 7 : Sous le balcon de Roxane

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Tonindulot

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Je suis, là, près de vous, et je viens pour savoir
Ce qu’hier, au balcon, signifiait ce doux geste,
Ce signe à l’éventail, de chaleur manifeste,
M’implorant, semble-t-il, de revenir vous voir !

La lune, tout là-haut, dispose du pouvoir
D’éclairer le tableau de son poste céleste.
Ah j’entends, tout soudain, votre voix trop modeste
Déclamer, elle aussi, des vers à recevoir.

Que j’aime à découvrir la douceur de vos rimes ;
Elles sont pour mes plis comme de chaudes primes.
Ne vous arrêtez plus, causez-moi de ce pas.

Et puis oyez aussi du rossignol le trille
Qui de sa douce dit les fabuleux appas.
Ce soir je me sens ivre avec l’âme qui vrille.
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Tonindulot

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Comme le temps s’en va s’en va notre Romance
Et j’ai peine à conter ce triste évènement.
Cousin ! Vous fîtes voir en ce fatal moment
Combien était sans faille ainsi votre constance.

Vous fîtes la promesse, à mes yeux d’importance,
De veiller sur nos sorts Vous sacré garnement.
Je recevais souvent, sans nul ajournement,
Vos mots pleins de chaleur, de haute performance.

Vous êtes mon Poète et j’aimais fort entendre
Votre façon de dire en étant toujours tendre.
Mon Ami, vous voyez, aujourd’hui je perds tout.

Vous m’apprenez ici que vous étiez l’auteur
De ces si beaux écrits. En tant que bel atout
Vous mourrez à mes pieds, je perds donc un conteur.
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Tonindulot

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Je vous trouve bien prompte à défendre cet homme !
Faut-il que ce dernier en vous mette le feu ?
A-t-il noble naissance ou vit-il avec peu ?
Certes il a beau chapeau ? Mais qui le voit en somme ?

Vous seule avez des yeux pour ce sot gentilhomme
Car la gent féminine est absente en ce jeu.
L’on ne veut vous troubler car l’on a d’autre enjeu :
Plaire au Comte de Guiche et à sa fade pomme.

Ne craignez plus Cousine, on va s’en occuper
De ce fervent soldat ! Je l’invite à souper !
Remplir son estomac me semble être de mise !

Demain nous marcherons vers le champ de bataille
Et saurons bien mouiller notre propre chemise !
Oyez clamer ces gens lui trouvant bonne taille !