Il y a encore plus fort, c'est le haïku japonais classique : même pas de métaphores, pas d'images, pas de sous-entendus, et pourtant ils arrivent à faire passer une émotion, par exemple :
Chute de grésil -
insondable infinie
solitude
(Jôsô)
(dans la mesure où la traduction est correcte, bien entendu; et bien sûr, ça ne respecte pas ici le 5 / 7 / 5, vu que c'est une traduction de traduction ; dans l'original, je ne sais pas). Ou Buson :
Lavant une casserole -
rides sur l'eau -
une mouette solitaire
C'est sûr, c'est très éloigné de notre conception de la poésie, mais ça vaut largement des pages de notre bavardage, à mon avis. Et ce n'est pas facile à imiter.