Une vision parmi d'autres ...

Par : Arielle
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Arielle

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"Il faut en finir avec un poétique gluant, repéré d'entrée parce que c'est fait pour ; en finir aussi avec l'aseptisé, le clinique, le techniquement parlant parfait. Que la musique soit métrée ou dissonante m'importe peu si elle révèle une voix, une main, une mémoire et un désir."
"L'émotion demeure motrice du poème et enjeu de sa réception. Si le poème me reste étranger comme un bel objet dont je peux admirer le fonctionnement sans être happé par sa mécanique de précision, c'est un mauvais poème, pour moi."

Antoine Emaz, disparu le 3 mars 2019 (texte paru dans le "Nouveau recueil" de Jean Michel Maulpoix)
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Pierre Lamy

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Le plaisir que l'on éprouve à lire ou à composer une "mécanique de précision" fait partie des émotions de base.
😉
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Tontonjacques

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C’est juste, encore que je regrette qu’il n’ait pas donné des exemples de poésie « gluante » (je m’en doute un peu, mais quand même…). Il y a aussi une chose, c’est que tel poème parlera sans doute à telle personne, mais pas à telle autre, en fonction de son caractère, sa culture et de son expérience propres. Il est bien rare de trouver des poèmes appréciés universellement...

Par contre, il est assez facile de repérer les poèmes mauvais "dans leur genre", sachant qu'une fois encore, ce n'est pas le genre en lui-même qui est condamné.
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Pierre Lamy

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La mécanique de précision s'adresse aux sens autant qu'à l'intellect.
"Le cageot" de Francis Ponge et "La pêche à la Baleine" de Prévert en sont au même titre que les vers de Mallarmé, de Verlaine ou Paul-Jean Toulet.
Les Frères Jacques ont d'ailleurs chanté la Baleine, que j'entonnais naguère à l'issue des repas festifs (avec Le Pou et l'Araignée)
Toulmonde se marrait.

😉






Ce message a été édité - le 10-03-2025 à 12:48 par PierreLamy
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Tontonjacques

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Bigre, j'essaie de trouver le rapport entre Ponge, Prévert, Mallarmé, Verlaine, Toulet, et le Pou et l'Araignée, mais ce n'est pas facile.
😉
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Pierre Lamy

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On prête à Musset les paroles de cette paillarde*. Je les préfère carrément au peu que j'ai pu lire de Maulpoix.

😉

*(le refrain ayant été ajouté ultérieurement pour être repris en chœur par des voix avinées)




Ce message a été édité - le 10-03-2025 à 14:10 par PierreLamy
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CinquiemeVallee

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Pour moi, le poème est une rencontre...Parfois, on peut fuir la poésie comme un risque personnel, ou bien lui courir après jalousement, voire désespérément...Puis l'on surprend le bourdonnement incompréhensible des " specialistes"..."Cachez ce texte que l'on ne saurait lire! "😭



Ce message a été édité - le 10-03-2025 à 14:19 par CinquiemeVallee
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Tontonjacques

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@CinquiemeVallee: Mon principe à moi, c'est : Faites ce que vous voulez, dans le genre que vous voulez, mais sachez ce que vous faites et faites-le bien.

@PierreLamy Pourtant, les paroles (du refrain notamment) me semblent bien innocentes :

Talus, talus sans herbe,
Talus, talus fauchés.
Talus sans herbe,
Talus fauchés.
Talus sans herbe,
Talus fauchés.
Et l’on entend dans les champs
Désherber les p’tits enfants,
Et l’on entend dans les prés
La marmaille s’épuiser,
Et l’on entend tous ces marmots
Rassembler l’herbe à coups d’râteau,
Et l’on entend tous ces moutards
Planter partout des épinards.
Car nom de nom, l’épinard, ça rend fort (bis)
On est bien d’accord ! (bis)

(il est vrai que les ai un peu "revisitées"...)
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Arielle

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Même si, en tant que lectrice, je m'incline devant une belle mécanique, un vers léché, un rythme harmonieux et que je m'évertue dans mes propres textes à m'approcher au plus près de cette forme idéale, je ne sacrifierai jamais l'émotion qui me guide à une rime riche d'un classicisme rigoureux.
Paresse ou faiblesse, je reconnais que les formes fixes m'ennuient rapidement quand elles m'imposent des rails trop stricts. Je prends plus de plaisir à jouer d'une image, d'une métaphore qu'à les faire entrer dans un corset aussi élégant soit-il mais, comme le dit Tonton " Faites ce que vous voulez, dans le genre que vous voulez, mais sachez ce que vous faites et faites-le bien." Il se trouvera bien un lecteur pour me pardonner l'une ou l'autre de mes transgressions !
Je vous avoue que je préfère, à la citation d' Antoine Emaz, celle de Jean Pierre Siméon qui me touche de bien plus près :
"La poésie est le cœur d'un monde sans cœur. Un antidote au bruit et à la fureur. Une fête de la langue qui, à l'heure du verbiage universel, peut seule encore tenir parole "




Ce message a été édité - le 11-03-2025 à 11:48 par Arielle
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Tontonjacques

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Il y a encore plus fort, c'est le haïku japonais classique : même pas de métaphores, pas d'images, pas de sous-entendus, et pourtant ils arrivent à faire passer une émotion, par exemple :

Chute de grésil -
insondable infinie
solitude

(Jôsô)


(dans la mesure où la traduction est correcte, bien entendu; et bien sûr, ça ne respecte pas ici le 5 / 7 / 5, vu que c'est une traduction de traduction ; dans l'original, je ne sais pas). Ou Buson :

Lavant une casserole -
rides sur l'eau -
une mouette solitaire


C'est sûr, c'est très éloigné de notre conception de la poésie, mais ça vaut largement des pages de notre bavardage, à mon avis. Et ce n'est pas facile à imiter.


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Ggabrielle

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La poésie,
c'est conter fleurette
au ras des pâquerettes,
tandis que les vachettes
broutent la tendre herbette.
(Anonyme)
"Il faut en finir avec un poétique gluant, repéré d'entrée parce que c'est fait pour ; en finir aussi avec l'aseptisé, le clinique, le techniquement parlant parfait"
Édité ce 11 mars, 23 heures

Arielle,
rien ne sert de courir, l'important
c'est d'arriver en heure et à tant.

P.S. Et merci pour la correction de la "coquille".



Ce message a été édité - le 11-03-2025 à 23:17 par Ggabrielle
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CinquiemeVallee

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Approche poétique

Le poème je l'imagine tel un port d'une île inconnue...Il faut relire et analyser la carte marine avant de s'y aventurer " coq et âme "...

Une fois heurté chaque balise , on s'amarre comme on aime à ce qui nous semble un quai possible...

La "relecture" se fait au retour de la visite de l'œuvre d'art: passerelles, magasins, mots chargés de produits exotiques...
Le navire lecteur reviendra-til dans ces parages? 👋
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Machajol

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La poésie, l'image, le rêve,
Pour ma part, elle est visuelle,comme un tableau, rythmée, musicale.
Si possible avec les cinq sens (vue, odorat, goût, ouïe, toucher).
Si elle suscite, au lecteur, une émotion, alors, elle est réussie !