Le cri de colère d'une poétesse de 20 ans vers 1840
Marie-Laure Gronardty-Grouard (1822-1843)
Vous m'avez dit un jour: Jeune fille poëte,
Ne chantez point votre âme et cachez votre coeur;
La femme, parmi nous, doit demeurer muette,
Renier ses amours et garder sa douleur.
Et moi je vous réponds: Dites à la tempête,
Aux grands vents, aux grands flots d'étouffer leur fureur;
Faites taire au vallon l'écho fort qui répète
Ou le cri de souffrance ou le cri du bonheur;
Dites au rossignol, sous la grande ramée,
Que son accent fait peine à votre âme alarmée...
Qu'il se taise toujours... Défendez au reclus
D'invoquer l'espérance et la liberté sainte;
Faites taire tout bruit, tout chant et toute plainte:
Quand tout sera muet, je ne chanterai plus.
Recueil : Les églantines (1843)
source :
https://poetesses.blog4ever.com/
Biographie :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Laure