Vents

Par : Salus
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Salus

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Vents



Il est des mistrals assassins,
Des tramontanes d’air bizarre,
Un autan noir comme Lazare,
Et des simouns haschichéens.

Il siffle, en meltems achéens,
Un aquilon qui m’accapare
Comme au sommeil le tintamarre
Et l’abeille dans les essaims.

Au souffle pur des convections
L’on aspire à des convictions
Dont la harpe éolienne est sœur ;

L’éther, d’oscillantes nuées,
Emporte aux âmes remuées
Un bon peu des feux de leur cœur.



Ce message a été édité - le 01-03-2025 à 19:21 par Salus
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Lau

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Trivers d'humeurs


Selon l’heur et son azimut
S’amusa le vent sur l’humeur
Sous l’alizé le mot se mut
De l’horreur en douce rumeur

Dès que l’aquilon cingle et pique
Morose et sèche se rétracte
Hier amène l’âme épique
S’engloutit dans le pire entracte

Barricade face au Khamsin
Au cyclone, au leste, à la bise
Antidote à l’air assassin
L’espoir est ton ami, la brise
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Salus

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"Autant en emporte le vent..."

(apophtegme déjà vieux du temps de Villon)
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Salus

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Beaufort



Inspiration des aspirants poètes,
Il ronfle, souffle, anime et meut les mers,
Gifle la vague, égaye les mouettes,
Propulse ou freine et sternes et steamers !

Ivre ou direct, activateur des flammes,
De la nuée amoureux et moteur,
Fier pyromane au flux dévastateur
Mais dissolvant des pollutions infâmes,

Fou, libre et fort jusqu'aux grands ouragans,
Ou calme et douce instance du zéphyre,
Caressant l'âme aux langueurs de sa lyre
Quand elle luit, loin des grains outrageants,

La vie au vent de l’haleine d'Eole...
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Pierre Lamy

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Tiens donc, un sonnet light

😉


Pour chanter le vent c'est un bon choix.
😊
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Machajol

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Le vent

Ecoutez le mugir
Ecoutez le vrombir
Le vent tel un torrent
En courant méchamment
Dévalant les coteaux
Laissant ses oripeaux
Déchirés en lambeaux
Morceaux déchiquetés
Sur branches asséchées

Il parcourt incessant
Son vacarme d'errant
A travers les fourrés
Les bois et les marées
Veillant à pervertir
Les plus calmes des eaux
Sans jamais assouvir
Sa soif comme étourneaux

Détournant les sentiers
Feuilles éparpillées
Affolées, dérangées
Par leur chute fatale
Envolées en nuées
De façon non verbale

Le vent cet importun
Brisant calme des uns
Fuyant celui des autres
N'est pas un bon apôtre

Ecoutez le vrombir
Ecoutez le gémir
Assoiffé de vengeance
Vraiment sans élégance
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Salus

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Pierre :

Euh...j'ai pas fait exprès !

Mâcha : du souffle pour alimenter la rubrique !

par Georges Brassens,

"Le Vent"


Si, par hasard,
Sur l'pont des Arts,
Tu crois's le vent, le vent fripon,
Prudenc', prends garde à ton jupon !
Si, par hasard,
Sur l'pont des Arts,
Tu crois's le vent, le vent maraud,
Prudent, prends garde à ton chapeau !

Les jean-foutre et les gens probes
Médis'nt du vent furibond
Qui rebrouss' les bois,
Détrouss' les toits,
Retrouss' les robes...
Des jean-foutre et des gens probes,
Le vent, je vous en réponds,
S'en soucie, et c'est justic', comm' de colin-tampon !

Si, par hasard,
Sur l'pont des Arts,
Tu crois's le vent, le vent fripon,
Prudenc', prends garde à ton jupon !
Si, par hasard,
Sur l'pont des Arts,
Tu crois's le vent, le vent maraud,
Prudent, prends garde à ton chapeau !

Bien sûr, si l'on ne se fonde
Que sur ce qui saute aux yeux,
Le vent semble une brut' raffolant de nuire à tout l'monde...
Mais une attention profonde
Prouv' que c'est chez les fâcheux
Qu'il préfèr' choisir les victim's de ses petits jeux !


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Arielle

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Le vent de pluie
gonfle un rideau
de mousseline dans le dos
de la forêt qui s’évanouit
sous ces houleuses draperies

Le vent de pluie
tel un essaim
déploie l’aile de son crachin
sur les cheminées du hameau
et leurs haleines en lambeaux

Le vent de pluie
sur les couleurs
tire une taie froisse les cœurs
et voile de mélancolie
ce printemps mussé dans ses plis
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Salus

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Le matin du monde



Le froid mordant mordait ; merde ! C'était superbe !

Un petit vent coupant tranchait ras l'os et l'herbe,
C'était un matin blême, et le hallier glacial
M'était un nid de givre au duvet solsticial.
Dans les odeurs d'humus, ces heures souveraines
Exprimaient par moment tout l’effluve des frênes...
Mon esprit s'abreuvait comme d'une eau lustrale
Au temple ouvert des cieux où la panthère râle !

Mais au mieux modulé, suave bruissement,
Un pépiement d'oiseaux dans les sautes du vent
Me venait ; le divin d'une âme très sacrée,
Une liturgie Ocre, où sans Dieu, tout se crée.

Et décembre insufflait sa magie au coteau ;
L'air vous pénétrait, dur et bienfaisant couteau ;
Un champ imberbe au loin s'offrait au froid de serpe

Dont le mordant mordait, merde ! - C'était superbe ! -

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Tontonjacques

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C'étaient de très grands vents sur toutes faces de ce monde,
De très grands vents en liesse par le monde, qui n'avaient d'aire ni de gîte,
Qui n'avaient garde ni mesure, et nous laissaient, hommes de paille,
En l'an de paille sur leur erre... Ah ! oui, de très grands vents sur toutes faces de vivants !

(Saint-John Perse)
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Pierre Lamy

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Le froid mordant mordait ; merde ! C'était superbe !


Là on est carrément dans le très haut niveau. Et la suite suit.

Du super Salus

😊 😊 😊
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Arielle

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Ah! ce " petit vent coupant (qui) tranchait ras l'os et l'herbe"
une merveille 😊 😊 😊
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Salus

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Fragment



- hommage à Camus -


Le vent caresse les colonnes dressées,
contourne un antique fronton,
le vent,
dans les ruines dévorées par la lente exérèse du temps,
entre leurs diastèmes de pierre blafarde
émergés à la nature aride,
furtif et souple comme un animal curieux,
le vent se glisse, s’immisce, contourne et s'insinue,
souffle et renifle, ondulant, louvoyant,
furetant au milieu des blocs taillés, épars,
qui laissent à peine sourdre l'idée... de quelque ancienne fenêtre,
un linteau de porte, ou le pas usé d'une unique marche, amorçant une aura d'escalier,
suggérant un fantomatique étage, une élévation lointaine aujourd'hui décharnée.
Et partout se devine une architecture spectrale, rendue, assagie par les millénaires et l’absence,
agitée seulement par la respiration éolienne obstinée, et de cette rase chevelure végétale,
dont le crin jaune couche complaisamment sous la turbulence hiératique du vent.

C'est une nuit glaciale de l'été, à deux heures d'un autre tour du monde
imperturbable.
Sous les coupoles céruléennes effondrées,
des bêtes bougent, qui y nichent,
et des ailes s'agitent dans les arbres longeant l'os de ces vestiges,
dans le frémissement
du vent, du vent, du vent...





Ce message a été édité - le 22-03-2025 à 19:37 par Salus



Ce message a été édité - le 22-03-2025 à 19:39 par Salus