L’aspect « contes » en tout cas m’interpelle, étant moi-même grand amateur de contes (populaires) – et en particulier la figure du Loup. J’ai réalisé une fois un pantoum où il intervenait, en plaçant en exergue une phrase de Perrault. Comme c’était ma première (et unique, je le crains) expérience du pantoum, je n’en suis pas très satisfait, j’ai l’impression que le sentiment que j’essayais de faire passer… ne passe pas bien, je ne sais pas pourquoi. (A propos, je ne sais pas non plus qui était Tiffauge). Bon tant pis, allons-y.
En passant dans un bois elle rencontra compère le Loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n'osa, à cause de quelques Bûcherons qui étaient dans la Forêt.
Charles Perrault, Contes
Pantoum du retour
Le loup est revenu, au fond de la forêt.
Que murmurent le soir et l'odeur de la mousse ?
Un souffle passe au loin, si doux que l’on croirait
Entendre s'alanguir la peine qui s'émousse.
Que murmurent le soir et l'odeur de la mousse ?
Le monde recommence au prochain croisement —
Et j’entends s'alanguir la peine qui s'émousse
Dans le jour qui décroît, mystérieusement.
Le monde recommence au prochain croisement.
La maison a grandi et s’emplit de légendes —
Dans le jour qui décroît, mystérieusement,
Au déclin de l’espoir la détresse est moins grande.
La maison a grandi et s’emplit de légendes ;
Dans ses recoins ombreux je sais où me blottir —
Au déclin de l’espoir la détresse est moins grande :
Fallait-il tant marcher, fallait-il donc partir ?
Dans ses recoins ombreux je sais où me blottir
Et du fond singulier des ans je me rappelle...
Fallait-il tant marcher, fallait-il donc partir ?
Qui, se penchant vers moi, me dira la nouvelle ?
Et du fond singulier des ans je me rappelle
Ce visage innombrable et naguère connu
Qui se penche vers moi — me dire la nouvelle :
Au fond de la forêt, le loup est revenu.