Je le connais : il exerce son empire sur tout ce que l'on voit, sur tout ce que l'on entend ; aucun autre ne possède pareille maîtrise. Ce qui est escarpé, rocailleux, n’est pour lui qu’une plaine sans obstacle.
Il s’est mis à la recherche de ce que le temps ne corrompt pas.
Les gens de la connaissance l'accompagnent.
(Si les sens se ferment, l’invisible s’entrouvre - et un voyage commence.)
Il fut promu gardien de la voie.
Il accorde parcimonieusement la permission de l’emprunter, tient durement à l'écart les individus qu’il juge inaptes au voyage.
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On s'attarde autour de la table, en ce soir finissant.
Quelqu'un raconte les chemins et les passerelles de la nuit, le théâtre de l'étang d'où monte le chœur des grenouilles, où reposent les étoiles.
Quelqu’un expose les raisons pour lesquelles la mort se munit de sacs et de cordes, et comment, formidable, elle galope là où le vent la mène.
Quelqu'un raconte comment la lune produit nos rêves, quel océan bouillonne dans l'ombre fantasmagorique, quelle présence paisiblement y respire.
Et les regards se perdent, les regards s'emplissent de terreurs ou de poignants espoirs. Les heures alourdissent les paupières, tissent une étoffe de silence en quoi la maison s'enveloppe.
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Quel est ce visiteur ? Il se meut, phénomène fait de mots, discours étrange, comme le serait le fonctionnement en plein jour d’un mystère.
En parcourant notre territoire, il amasse assez de preuves pour nous annoncer toutes sortes de mutations.
Il institue des rites de salutations : ils ont pouvoir de défaire les brouilles, dit-il ; il dispose des barbelés infranchissables entre la conjecture et la vérité : la pensée de ceux qui l’écoutent en devient saine ; une ébauche de sagesse se dessine en eux.
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