J’ai rêvé cet instant du désir aboli
Quand le sexe piteux pour toujours s’amollit.
Ah, s’affranchir enfin
Du besoin de vos corps,
De l’envie des parfums
Dont je m’enivre encor.
Sous le joug de vos jambes en leur fourche caudines,
Mon caudal appendice, affligeante badine,
Ne vous faisant gémir,
Ni la vue de vos culs
Me donnant à frémir,
Alors, j’aurai vaincu
La chimère des sens, rescapé de ce gouffre
Où le vivant s’enlise et gesticule et souffre.
Dois-je attendre la mort
Pour qu’arrive le temps
Où cette chair s’endort,
Où le ventre haletant
Cesse en vain de ramper sur un autre qui bée
Au motif d’une fièvre aussi vite tombée ?
Savourer la victoire
De mon sexe arrachée
Aux lascives mâchoires
D’une femme fâchée !
Lui dire ma chérie, mon ultime beauté,
Que béni soit ce jour où ton Dieu m’a ôté,
Tandis que je dormais,
Toute idée de la baise,
Car je puis désormais
Être laid à mon aise.