C’est là-bas que la mer sur parchemin d’écume
Délivre son poème infiniment écrit
Depuis le premier souffle, en césures de brume,
Piaillements d’oiseaux sous longs nuages gris.
Sur la grève elle roule en vastes pages blanches
Dans les baies sans pitié d’effroyables pensées
Ressassées en cantique aux pardons du dimanche,
Pour hommage farouche aux marins trépassés.
Quand parfois le marcheur prend le temps d'une halte,
Laissant loin son esprit chevaucher les vents d'ouest,
Dans la lande il entend un peuple qui s'exalte
Cependant que le ciel se lamente sur Brest.
Maculé de légende, il reprend son chemin,
Glanant comme épis mûrs les vestiges du jour.
S'effiloche aux granits un vieux soleil carmin
Sous la nuit qui mendie en haillons de velours.
Ce message a été édité - le 31-10-2024 à 14:16 par Hellian
Ce message a été édité - le 31-10-2024 à 18:18 par Hellian