Chant d'adieu de Deidre à la Calédonie

Par : Jim
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Jim

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(…) Pendant qu'on débarquait chevaux et bagages, Deirdre s'assit sur un rocher élevé, d'où elle pouvait apercevoir les bleus promontoires de Calédonie, et, dolente, elle chanta cet adieu :

Chère me restera l'âpre Calédonie,
Notre asile, et le vert penchant de ses coteaux,
Et ses glens étroits et ses tonnantes eaux
Tombant de roc en roc en blanchissante pluie !

J'aimais à sillonner ses rivières marines
En mon canot léger qui berçait mon sommeil.
Sur notre cher manoir souriait le soleil
De l'amour de Naisi, niché sur ma poitrine.

La terre où l'on aima, c'est la terre vitale
Qui vaut pour nous le sol où nous vîmes le jour,
Pour nous qui prisons rien au-dessus de l'amour,
Rien au prix de l'appel de la voix maritale !

Adieu, Calédonie, où j'ai connu la joie
D'être toute à Naisi ! cruels déchirements !
C'est lui-même qui veut, aveugle à mes tourments,
M'arracher à tes monts où la brume s'éploie !

Légende irlandaise de Deidre et ses enfants, ou enfants d'Usla, tirée des « Contes et légendes du pays d'Irlande » – chez Nathan -, traduite ici en 1969 par Charles-Marie Garnier.