Fulgurants regrets
Chemin de l'aigue, la ciguë
Pousse, inquiétante et violacée
Et ce pouvoir, dont elle argüe,
Tend hélas à l'âme lassée,
Ainsi que le fait aussi l'if,
De l'enfer offert par les dieux,
Sans effort, le définitif
D'un havre vrai ? - Non, fallacieux !
La vie, outre être insupportable,
Molle, arrêtée et manquant d'erre,
Est douloureuse ; ainsi l'on table
Sur l'insigne essor suicidaire
Pour diluer dans le néant,
De la fleur fanée en son cœur,
Les effluves morts - mais vraiment ?
Prends garde, ô mon frère ou ma sœur,
Car le bonheur, qui tous nous guette,
Reste impuissant pour un cadavre ;
Or il se peut que l'on regrette,
Au moment qu'un coup de feu navre
(Oui, penser va beaucoup plus bref !)
Cet esprit dont l'espoir vaincu
Se met à régner derechef,
Tout ce temps qu'on a pas vécu !
Ce message a été édité - le 08-06-2024 à 14:49 par Salus