Primavera
Je voulais faire un poème pour toi,
Toi qui m'étais, plus qu'il n'est raisonnable,
Comme une sœur, sans comprendre, avec foi,
Dans l'instinct sûr dont mon être est capable.
Quelque étrangère à moi que fût ton âme,
Amie aimée, avec ton nom de fleur,
Et ce feeling partagé qui réclame
La confiance où s'engage le cœur,
Tout de ce long parcours, (quarante-cinq
Ans qu'éclaira chaque contact complice
Où nous parlions, bavards, devant le drink
Noir d'un café, plus âcre que la pisse !)
Tout de ce long, nous nous aimâmes, flamme
Pure et fiable en dépit d'aléas
Que, constamment, notre vie amalgame
En un bouquet cruel et morne - hélas ! -
D'émois fanés par le manque et le deuil,
Mais pénétrés du plaisir d'être ensemble
Et ton sourire était comme un clin d’œil
A mon endroit ; accueil simple, accueil ample,
Quand j'arrivais à n'importe quelle heure
Pour partager un moment chaleureux....
Pardonne-moi désormais si je pleure :
J'en ai hurlé, fou plus que malheureux,
De ce grand vide où tout me semble vain,
Amputé vif d'un morceau de moi-même,
Quand j'ai tenu ta main jusqu'à la fin
Avec ta sœur...oui, Primevère, on t'aime !
...P. Marti, décédée en d'ignobles procédures médicales (sédation)
Au bout d'une nuit d'horreur ; merci à Carmen - pour tout -