Utopie

Par : Salus
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Salus

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Utopie

Le pouvoir est un mensonge
- il n'est qu'abus -



Le temps coulait sous le siècle nouveau.
Nul ne souffrait, tout était dans la joie,
Et des enfants heureux, qu'un monde choie,
Riaient partout – du ciel tombait de l'eau

Pure, et les lacs, les rivières, les fleuves,
Les océans, poissonneux, clairs, sacrés,
Baignaient la côte et les berges de grès ;
Gaïa soufflait ! Les consciences neuves

Transmises, fils et filles confondus,
Avaient germé pour qu'enfin l'air fût propre
A ces couchants comme à l'aurore pourpre,
Sans les poisons - maintenant qu'ils sont tus -

Dont l'abandon sauverait l'oxygène,
Renouvelé, vif de son sang marin,
Et les forêts, filtrant de leur grand rein
L'impureté de nos gaz de géhenne,

Reliquat noir d'époques révolues,
Ages des morts et de la maladie,
De l'espoir nul, de la vie aplatie ,
Et du Poème aux rimes jamais lues...

Mais aujourd'hui, personne n'avait faim,
On respectait les bêtes rescapées,
Et l'on fondait les fusils, les épées,
Les tanks, l'acier de notre armement vain,

Pour en couler de fins socs de charrue ;
Et le profit, banni, devenait troc !
Seule monnaie alors admise en bloc,
L'on échangeait du temps ! Et dans la rue,

Dans la cité, le village ou les champs,
Nous vivions tous cette justice vraie,
Sans plus clouer nulle chouette effraie
Sur quelque porte – ouverte à tous les vents,

A tous les gens, l'entrée hospitalière
D'où s'échappaient des chants gais et des ris
- L'on partageait le pain, le vin, le riz -
Et mille oiseaux, dehors, nichaient au lierre...

*Au réveil, il était midi.
(*Rimbaud)






Ce message a été édité - le 23-03-2024 à 13:34 par Salus
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Lau

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Poétique

Ce serait un merveilleux temps
L’on aimerait tous ses instants.
Mourir ? On aurait moins de peine
A s’en aller d’un monde amène.

Politique

Regarde-les, ils sont contents,
Ils sourient de toutes leurs dents :
C’est extra, la France est deuxième
Vendeuse d’armes ; belle hyène !




Ce message a été édité - le 17-03-2024 à 20:32 par Lau
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Lau

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[C'est amusant (enfin, pas tant que ça) que le wasserfall que l'on trouve dans le poème 'Aube" de Rimbaud soit le nom d'un missile sol-air]
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Salus

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"Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins"

On en apprend tout les jours, quel rapport ? n'importe quoi, les petits hommes verts, oui, mort de rire ; mais dans cette faunesque et surréaliste illumination, c'est bien d'une cascade qu'il doit s'agir !






Ce message a été édité - le 20-03-2024 à 18:26 par Salus
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Salus

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Dès l'aube l'ombre de Rimbaud
Se profile aux chemins d'Orphée
Où s'égare l'aigri grimaud
Mais que fréquente aussi la fée
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Salus

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J’ai embrassé l’aube d’été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.



— Arthur Rimbaud, Illuminations