Un petit bout rimé avec Mallarmé ?

Par : Arielle
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Arielle

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https://lespoetes.net/poeme.php?id=2624&cat=ph

La nuit est longue, hélas, quand on n’a plus de livres
Que le sommeil nous fuit et que des pensers ivres
Tournent à l’infini sur la page des cieux
Ancrés à la fenêtre où nous usons nos yeux.
D’une aube en berne suinte un soleil de détrempe
sur la mièvre clarté dégouttée par la lampe
quand la fatigue enfin, que plus rien ne défend,
nous accable au matin comme un petit enfant.
Levons l’ancre en plein jour, hissons dans la mâture
nos rêves trop urbains assoiffés de nature

Le sommeil est le seul vaisseau de nos espoirs
sur nos yeux, sans vergogne, étalons nos mouchoirs
renonçons aux travaux serviles, les orages
guettent ces galériens qui courent aux naufrages
Affalés sur nos lits, ces fabuleux îlots,
Aux doux bras de Morphée livrons-nous matelots !
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Pierre Lamy

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Monophtalme, il arbore un œil gauche en onyx

et s'en montre très fier. Ce cher lampadophore

n'est pas loin de penser qu'il doit être un phénix. 

Écoutons son histoire en séchant une amphore : 

 
 
« Je fus, mes bons amis, éborgné par un ptyx
au cours d'un pugilat homérique et sonore

où je vis maintes fois les eaux noires du Styx. 

Mais comme j'ai vaincu, ce stigmate m'honore. »

À son œil droit il porte, en cristal cerclé d'or,
un monocle de prix. Dopé par ce décor,

il voudrait conquérir une adorable nixe.
  


Mais vraiment mal armé, le brave peine encor.

Pour garder le moral sans recourir au fixe,

il chante chaque soir au sein d'un septuor. 



Ce message a été édité - le 13-01-2024 à 11:20 par Pierrelamy
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Lau

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Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !*
Il en mêla des sons, troubla des caberlots,
Noyés sous la rythmique usant tous les courages
A deviner les sens de tous ces loin mirages,
Et se désespérer, dire mille au revoirs
Mais revenir encor, encor là tous les soirs !

Une obsession tenace, et qui dure et qui dure
De comprendre un couplet qui, malgré sa froidure,
Nous baguenaude, heureux, sous la pluie et le vent,
Quitte à se retrouver Gros Jean comme devant.
Recommencer toujours, danser, courir, ingambe,
Et saisir une note ; elle sera la rampe
De lancement car un beau jour, nous serons vieux ;
Mais entre nous, Humains, que peut-il être mieux
Que de guincher au son des hautbois et des cuivres,
Et d’égarer notre âme entre l’elfe et les guivres (?)

*Dernier vers du poème de St. Mallarmé, Brise marine puis remontée de rimes.




Ce message a été édité - le 13-01-2024 à 12:27 par Lau
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Arielle

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Jolis clins d'oeil, Pierrelamy et Lau à notre cher Mallarmé dont nous n'épuiserons jamais toutes les subtilités du sens et les délicatesses de la rime. 👋
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Arielle

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https://lespoetes.net/poeme.php?id=3388&cat=ph

Ce printemps que nous aimerons
semble si loin, faut-il le dire,
Froide saison tu n’interromps
ta course allant de mal en pire.

Les rayons d’un soleil si prompts
à ressusciter le sourire
ce printemps que nous aimerons
semble si loin, faut-il le dire ?

Tourne, tourne le temps en ronds
comme une toupie, son empire
ne déroge ni ne déchire
le plan patient des ailerons
du printemps que nous aimerons

😊
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Lau

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Si tu veux, nous nous aimerons,*
Pour sûr, nous nous amuserons ;
Qu’à travers nos mots, l’on s’admire,
La vie ? On pût la trouver pire,
Nous attendent tant d’achérons…

J’attends ton art, que j’y soutire
Un pacte que nous scellerons
Sans mots, ni devenir martyre,
Comme un hymne à tous les affronts,

Et jamais n’y coulera l’ire
Acide pressé des citrons
Qui dégoulina sur la lyre
Des grumes et de tous leurs troncs.

* Dernier vers du poème de St. Mallarmé, si tu veux nous nous aimerons puis remontée de rimes.
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Arielle

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"Pour sûr, nous nous amuserons ;
J’attends ton art, que j’y soutire
Un pacte que nous scellerons
Et jamais n’y coulera l’ire "
👋
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Pierre Lamy

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Quelconque est ton attitude
Sans casquette sur le quai
Ça sent la décrépitude
Ipso facto, je répliquai
 
Dans la vieille carriole
anciennement au boucher
qui fut pris de variole
à force de se moucher
 
Dès lors que le jour s’allonge
et tout cauchemar ôté
dans mes livres je me plonge
dans la maison d'à côté
 
C'est là que sur l’avenue
Je t’aperçus toute nue.



Ce message a été édité - le 16-01-2024 à 07:33 par Pierrelamy
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Pierre Lamy

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Rondel 1

Au son du réveil vous bâillez.
Lèvre offerte à la moue.
Si quelque désir vous secoue
cliquez sur« oreillers ».

Autant que la paupière avoue
follement sommeillez.
Au son du réveil vous bâillez
Lèvre offerte à la moue.

Les papillons émerveillés
— Tant de beauté déjoue —
rêvent d’arpenter votre joue.
Quand bien même impayés.

Au son du réveil vous bâillez.

Je l'ai conrerimé
😉



Ce message a été édité - le 16-01-2024 à 18:33 par Pierrelamy
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Arielle

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un rondel joliment sonné 🤣
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Pierre Lamy

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Le vent du Nord s’est enfin tu.

Obstinément tu laves

ainsi que faisaient les esclaves,

nonobstant leur vertu.

C’est une rude tache. Tu

le sais bien mais y baves.

Pour finir entre les épaves.

Sénile et dévêtu

Jamais tu ne commis de faute.

Tu marches tête haute

avec cet honneur éployé.

Jamais tu ne fus à la traîne

Tu sauvas un noyé

des étreintes de la sirène.
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Pierre Lamy

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Paméla fleure la lavande
et palpite si bien du cil.
Se pourrait-il qu’elle m’en vende ?
C’est ma senteur préférée. S'il 

fallait effondrer la muraille 
et me transporter en ce lieu, 
peu m'importe si l'on me raille. 
j’idolâtre son parfum bleu. 

C’est une essence envahissante. 
Mais enivrante, sentez-la ! 
Prenez la garrigue. Une sente  
y mène aux fleurs de Paméla. 

Et tant pis si son époux,
ce sot, nous cherche des poux.