Il faut imaginer la progression du vers régulier comme la fabrication continue d'un instrument au service de la musique du sens ; Le hiatus, musicalement un hoquet, est nombreux dans notre langue, qu'il soit interne, externe (dans ou hors des mots) ou résultat d'une liaison proscrite : "sparadrap emmêlé", par exemple.
Les poètes de la Pléiade cherchèrent à équilibrer les musicalités de la langue en en restreignant l'usage externe, et Malherbe, "ce rimeur de troisième division" (sic) propose une règle, acceptée par les poètes de son temps comme logique et qui viens augmenter encore la précision de l'instrument : le hiatus externe est désormais proscrit du vers régulier ; Boileau, autre rimailleur de seconde zone, surenchérit dans son "Art Poétique" :
"Gardez qu'une voyelle à courir trop hastée,
Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée."
Bien sûr, nous parlons de prosodie et de versification, on peut, dans notre beau pays, écrire ce que l'on veut, et même n'importe quoi, de la manière dont on le souhaite, Machin soit loué !
Ce message a été édité - le 19-12-2023 à 10:32 par Salus