La poésie sur internet
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Par : Lau
Une offrande était faite auprès de Manghénine :
Un pot de tabac brun, quelque igname, un taro ;
Le maître de céans, le grand serpent d’Oro,
Aurait sur l’abattage un regard magnanime.
Un premier coup de hache au pied du kaori,
La sève descendait, c’était la vieille Lune ;
Couchée horizontale, une impeccable grume
Devenait vite un fût, de l’écorce, amaigri.
Sous les cris du cagou, les coups de barre à mine,
Le feu creusaient la chair tendre comme l’uru,
L’herminette évidait, lissait le bois écru,
L’oiseau striait le ciel de sa note canine.
L’acte final de ce tropical opéra :
Sur l’épaule, les fustiers portent la fortune ;
Aucun tabou n’est transgressé, c’est la coutume,
Longtemps sur le lagon, l’arbre naviguera.
Ce message a été édité - le 28-02-2022 à 19:24 par Lau
Posté à 11h40 le 27 févr. 22
Excellent en tout point
Seize alexandrins aussi sonores que le chant des outils et la pirogue est au top
Posté à 12h32 le 27 févr. 22
Oui, superbe. Quand lagune ne fait qu'un..!
Posté à 13h09 le 27 févr. 22
Je vous remercie Pierre et Lili.
Alexandrins ? oui, dans l'ensemble mais je reconnais avoir flanqué des coups de tronçonneuse barbares ici :
L’acte final de ce tropical opéra :
Sur l’épaule, les fustiers portent la fortune ;
Mais si la césure vous biche, ça me biche
Ce message a été édité - le 27-02-2022 à 13:57 par Lau
Posté à 13h55 le 27 févr. 22
Beau poème, truffé de mots exotiques.
Posté à 14h53 le 27 févr. 22
Merci Miouz ; ‘ffectivement :
La Baie d’Oro : https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRCM928ueRoLZSc3SzqepJywfMVrOg03ThhyL7SVmBE7A4ovUOasJ-Eo8qHOkQ4uL-49Q&usqp=CAU
Manghénine : Nom du serpent légendaire se cachant dans la baie.
Taro : https://img-3.journaldesfemmes.fr/NYcX7F85jm-00yabtUw2ExAYxJg=/1500x/smart/526d1b31689f45fd9f63ce5ecb42a50b/ccmcms-jdf/25728528.jpg
Kaori : https://outremers360.com/wp-media/uploads/2019/05/%C2%A9-Gildas-G%C3%A2tebl%C3%A9-IAC-5.jpg
Béérëwè : https://woody.cloudly.space/app/uploads/nc-sud-tourism/2020/04/thumbs/ile-des-pins-le-des-pins-sicilia-nctps-640x360.jpg
Cagou : oiseau emblème de la N-C ; il court (ne vole plus) et son chant ressemble à un aboiement.
https://i.pinimg.com/236x/0f/3c/b3/0f3cb345360142018b85009977031167.jpg
Uru : fruit de l'arbre à pain.
https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTNm0NF0Zv7WozyMH-h2gCpY7jihSEG61gIkQ&usqp=CAU
Ce message a été édité - le 28-02-2022 à 11:29 par Lau
Posté à 09h56 le 28 févr. 22
Dépaysant, imagé, charmant !
- Et d'originales rimes (Manghénine/Magnanime !)
- La répétition rapprochée de "vite" me gène un peu...
Posté à 19h03 le 28 févr. 22
Ah oui, ça débite, je ne m'en étais pas rendu compte dis-donc... Merci. Je réfléchis...
...
Voilà : "couchée" en lieu et place de "très vite" ; ça rappelle le sonore "coup de hache" et ça glisse avec le "h" de l'"horizontale".
Merci Salus.
Posté à 19h24 le 28 févr. 22
Merci Lau, pour le lexique.
Posté à 07h00 le 01 mars 22
Exotique et ilien, c'est dans ce registre que tu nous fais tes plus beaux textes.
[Ressenti à part et envie ponctuelle] La sonorité du tout et la richesse de la rime font qu'à ma lecture, j'essayais d'anticiper la fin du vers, et j'aurais aimé, sur le coup, voir barre à mine rimer avec Brahmine.
Ce message a été édité - le 04-03-2022 à 15:23 par Hoho
Posté à 15h22 le 04 mars 22
Barre à mine/brahmine, je retiens le filon pour la prochaine échappée vers Ceylan ou le Pendjab...
Namaskaram Hoho
Posté à 19h29 le 04 mars 22
Sur la nuit ciselant son charme grenadine,
Un paréo confus lesté d'âcres suées
Si lourd d'étonnements que la chute divine
Prolongea sa godille à toutes faims nouées
Posté à 19h41 le 05 mars 22
C’est un tapis volant où la pensée imprime
L’ultramarin voyage infini : des touées
Et des éons que le mana, mémoire, arrime
Aux restes d’émotions que l’exil a tuées.
Posté à 10h39 le 06 mars 22
Sur la nuit ciselant son charme grenadine,
Un paréo confus lesté d'âcres suées
Si lourd d'étonnements que la chute divine
Prolongea sa godille à toutes faims nouées
C’est un tapis volant où la pensée imprime
L’ultramarin voyage infini : des touées
Et des éons que le mana, mémoire, arrime
Aux restes d’émotions que l’exil a tuées.
Mais la soif est à quai, serpente à l'horizon,
La vague en point de fuite ancre l'éternité
Au pic N'Ga, à Koumac, où lanterne un limon
Dévorant le soleil au sable décharné
Posté à 10h12 le 07 mars 22
J’ai vu pour le nickel et l’horrible pognon
Scarifier la terre à la rendre si rouge
Et des chefs de tribus sacrifier à la louche
Des paradis perdus sous leur triste grognon.
Posté à 13h59 le 07 mars 22
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