"e" ce muet bavard

Par : Jim
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Jim

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Pour ce qui est de ce @!&§*£#$ de petit « e » qui se trouve à la fois présent et absent, qu'il ne faut point dire mais qui occupe cependant toute sa place, bref un intrus qu'on dit caduque, élidé, apocopé (néo que je m'autorise), bref, qui taquine, quelques exemples dénoncent son espièglerie coupable !

Soit le vers bien connu :

Tel était son adage à la mort à la vie

Vous me direz qu'il n'a jamais posé le moindre problème, et vous aurez raison. Alors qu'il n'en fut pas de même de :

Tel était son adage à la vie à la mort

parce que là, le « e » se prononçant dans des temps lointains, l'alexandrin gourmand devient un isotope instable. Pourtant, ce taquin n'est pas à l'hémistiche, qui d'ailleurs n'existe plus de son fait. Bien sûr, l' « e » muet étant aujourd'hui réduit au silence, le vers perdant son isotopie devient stable.

Notre rusé poète d'antan aurait pu écrire :

A la vie à la mort tel était son adage

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce vers est tout aussi radioactif que le précédant.

Ainsi, le « e » posait problème du fait d'être dit, lu avec la bouche et non seulement avec les yeux. N'oublions pas que tout le monde ne sachant pas lire, hormis quelques vacants rédigeant des règles de bon emploi, la poésie devait être dite au plus grand nombre par celui plus restreint des lettrés.

Et le même problème demeure en écrivant :

A la mort à la vie tel était son adage

Cela ne tient aucunement de son placement en sixième syllabe !
Quand l'usage décréta, plutôt de lui botter le train, de ne plus articuler ce gêneur, de le laisser sur son siège s'il gardait silence, tout fut résolu.

On peut dire que le vers, alexandrin ou non, est une suite de verres à remplir d'une boisson agréable. De temps en temps, l'un d'eux est vide, mais il demeure dans l'alignement. Ainsi, dire, c'est comme boire. Quand le verre est plein, on le boit, quand il est vide, le temps d'y jeter un œil et hop ! On passe au suivant. Le « e » ne se prononce pas, cependant il compte pour un temps... de paix, de repos, de silence : il se fait tout p'tit devant une poupée, cette consonne qui le précède.



Ce message a été édité - le 11-06-2021 à 16:14 par Jim
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Salus

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Pardonne que je m'immisce, ami Jim, mais je crois que tu fais erreur : le "e" muet ou pas, cette lettre pivot de notre langue torve, ne s'est jamais prononcé devant une voyelle
Ainsi, au 15ème, Villon écrivait :

"Jusqu’a l’entrée de viellesse," (le grand testament)

et celui-ci se prononçait, (octosyllabe) mais aussi :

"Elle est pieça devoree et pourrie" (balade des pendus)

Et celui-là ne se prononçait pas (décasyllabe)
De même : "Crie et jure par la mort Jésus-Christ" (BALLADE DE LA GROSSE MARGOT)...et vers "fautif" avec un "e" sonore à la césure, déjà prohibé, alors même que les hiatus, qui sont une autre sorte d'à-coup, ne l'étaient pas ! la versification, dont les règles sont pratiquement toujours justifiées, cet instrument sophistiqué qui joue "la musique du sens", à mis un bon millier d'années à se perfectionner, et ce n'est pas fini !



Ce message a été édité - le 12-06-2021 à 15:15 par Salus
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] J ‘ai un probleme avec les e

Mezzo soprano dans l ‘octave
Ni aigu ni grave
L ‘accentegu m ‘echappe
Alors j ‘ai decide de le remplacer
Par le grave
Evidemment c ‘est grave
Ça fait quoi sur votre clavier
J ‘ai pris le marteau pour taper
Le e a disparu sous le clavier
J ‘etais comme une enclume
alors j ‘ai pris ma plume
Bon je vais mettre des e
Et ne me soulignez
Ni ne me corrigez
Parfois il prend la place
Des autres le jaloux
Il se met n ‘importe ou
Dans theiere ou dans cafetiere
Mais alors ca va plous
Vous avez le meme a la maison
Y a que le circonflexe qui reste
C est comme le toit d ‘une maison
Le chapeau d ‘un champignon
L' accent c ‘est mon probleme
J ‘en ai pas d’autres

Excusez-moi

16 juillet 2010