La technique doit nous obéir, et pas l'inverse ! Elle doit même nous obéir assez aveuglément pour que rien en elle "ne pèse ou ne pose" comme a presque écrit Verlaine ; pour ce, poussons son exploration jusques en d'insoupçonnés confins, au travers d'aléatoires exercices...
Par exemple, je vous propose d'écrire, non pas un pastiche, mais bien plutôt un hommage, et vibrant, à un poète que vous aimez, en le citant ou pas et dans la forme qu'il vous plaira, mais en pénétrant dans l'âme même de ce dernier, en utilisant son propre niveau de fréquence, au sens hertzien du terme ; on doit chercher à se confondre, à se co-fondre, à se mélanger avec son style, et greffer sa littérature au bout de sa propre plume ; on choisira parmi ses poètes préférés, en essayant de toute ses forces de ne point déchoir, d'éviter de salir un art qui nous est sacré ; l'exercice, ardu, est passionnant, soyez difficiles, intransigeants avec vous-même, c'est Baudelaire, c'est Hugo, qui vous regarde !
Exemple :
Seconde variation
(Mélancolique)
Aux rayons dorés
D’un si grand soleil
Qui m’étonne,
Les vents adorés
Balayent l’éveil
De l’automne…
Et je vais, lisant,
Verlaine, tes vers
A ce livre,
Que tu fis laissant
L’aube et l’univers
Te rendre ivre…
Ta musique, hélas,
Miaule et m’envahit,
Si languide,
Propice aux cœurs las
Dont le poids trahit
La sylphide..
… Je vais au-devant
Mauvais des hivers
Impalpables,
Plein d’esprits, de vent
De voix et de vers,
Et de fables…
Ce message a été édité - le 09-04-2021 à 22:57 par Salus