Voilà. Depuis presque toujours, j'écris.
J'écris avec mes mots, avec mes armes puisqu'ils en sont.
J'écris pour le plaisir d'écrire. Je n'ai pas de messages à transmettre, je n'ai pas de leçons à donner. J'écris ce que je pense être tant il est vrai, je crois, qu'on ne peut écrire que cela.
Alors tout ça prend des formes singulières, des tournures différentes, des hauteurs inattendues ou des lâchetés ordinaires.
On doit bien pouvoir y trouver parfois quelques saillies goûteuses, quelques idées heureuses, mais sans doute autant de platitudes et de manières empesées.
J'écris avec plaisir et généralement ça me suffit.
Lorsque je me relis je ne trouve que des défauts au style, des manques sur la forme, des mots pour rien.
Mais je les ai écrits, et le plus souvent je laisse tout en l'état en essayant de faire mieux la fois d'après.
Ceux qui fréquentent ce forum depuis longtemps savent mon avis: la forme et le fond doivent aller de conserve dans un texte, s'il en manque un, l'autre ne suffit pas à rehausser le tout; mais cependant, je n'arrive pas tout à fait à les mettre sur un pied d'égalité et la forme, pour moi, prend le pas sur le fond.
Ceci pour une raison simple, disons physique (et je mets la poésie en grande partie sur ce plan là), la forme donne une structure, un squelette, à une pensée, elle rend cette pensée matérielle, elle lui confère une présence, le fond, à mes yeux, n'a pas cette capacité et même si l'idée est belle il m'arrive très souvent de ne pas l'accompagner faute de "matérialité".
Une belle idée sans le souffle de la forme devient vite pour moi un peu comme un bidule sans intérêt.
Mais que ce soit le fond ou la forme, l'intention seule ne suffit pas à faire le beau.
Ce beau qui élève, qui transcende, qui en puisant dans le quotidien (car existe t-il autre chose que le présent?)nous permet de le voir autre, ni meilleur, ni pire, mais autre. N'est-ce pas la seule voie pour penser l'avenir. N'est-ce pas cette élévation qui nous permet de voir plus loin?
Pour donner la profondeur du fond, comment se dispenser de la connaissance des idées des autres, comment ignorer le monde et son histoire?
Pour donner de la solidité à la forme comment ne pas connaître ses composantes et ne pas avoir travailler ses éléments?
L'art n'est pas la conséquence de l'inné, cet inné naturellement inégalitaire. L'art est le fruit de l'inné et du travail accompli. l'ensemble ne donne pas nécessairement l'égalité du résultat.
Quand je me relis... Je le constate sans amertume et sans regret.