LES 5 SENS

par Anne28

On dit que la vie tient à pas grand chose,
À un souffle, à une nuance, rien de bien grandiose.
Alors j’ai convoqué mes cinq sens, par devant
simplement en toute franchise
Pour qu’ils m’expliquent ce qui c'est passé

Le toucher est arrivé le premier,
Avec ses mains tâchées et son air sournois.
Il m’a dit que le papier n'oublie rien,
Que les paroles s'envolent mais pas les écrits
Et qu’une claque peut foutre une vie en l'air
Le toucher, c’est le langage de la peur
Celui qui cause avec ses doigts sans se fâcher

Puis le goût amer de l'échec et la défaite
Avec son vécu , ses parfums de regret
Il m’a rappelé que la vie, c’est comme un vieux panier:
Parfois trop lourd, parfois troué parfois sale
Mais toujours rempli de quelques cerises
Le goût, c’est viser le meilleur , c'est assembler les couleurs et les confondre entre elles
Un plat qui est trop bon, un café bien chaud
Un baiser qui promet de l'amour et du bonheur
et qu'au final tu te retrouves seule , le goût de rien

Le son est arrivé plus tard, les larmes et les cris de détresse
Mais avec cette classe d'élèves dissipés je n'ai pas su les arrêter
Le grand maître est arrivé , et d'un seul regard il a su les calmer
Que moi je n'ai pas réussi
Et que le silence est parfois la meilleure des solutions quand il y a plus rien à ajouter
Le son, c’est celui de la réussite , de l'effort pas ce son triste celui qui te fait sombrer
Celle qu'on a pas choisie , cette voix forte qu'on ne peut pas changer

Puis l’odorat quand tu sens que ça va foirer
Avec ses parfums pleins d'excuses et ses malentendus
Il m’a dit que l’odeur d’une personne,
C’est une signature, c'est un compliment , c'est une trace
un reproche ou un défaut que tu sens même de loin
Une présence parmi tant d'autres surtout quand tu ne fais pas partie des meilleurs


Et enfin, l’œil est arrivé,
Avec son regard moqueur et son sourire
Il m’a dit qu'il a tout vu et que je ne suis pas sur la liste
C’est comprendre, c’est ressentir, c’est réagir.
Que la beauté n’est pas dans les formes,
Mais dans ce que l'on offre ce que l'on donne
Le regard, méprisant ou sans pitié
Un miroir qui dit pas toujours la vérité.

Alors j’ai compris que mes cinq sens,
Ce ne sont pas des bons compagnons
Mais des chagrins pénibles et des blessures
Qui voudraient juste des jours meilleurs

Et qui se terminent…
Quand on n’a plus rien à ressentir.

Publié le 05/07/2026

...

Commentaires sur le poème
0

Aucun commentaire.