par Antigone
Ô toi, beau cygne ébène au port majestueux
Qui vogue, avec douceur, sur ce miroir troublant,
Sais-tu qu’au temps jadis un Seigneur amoureux,
Éconduit et trahi, et tout à son tourment,
Après maintes années passées à se languir,
A espérer, en vain, le retour de sa belle,
Malheureux, accablé, jaloux à en mourir
Et tout à son courroux, punissant l’infidèle,
Fit servir en ripaille à la muse mutine
Le coeur de son amant ?! Et, si l’étang se ride
Sous le sombre duvet chamarrant ta poitrine
Tel un ange de mort où tu passes, impavide,
C’est que l’onde les ceint du tombeau tout en verre
Où toi, beau cygne noir, indifférent, tu glisses
Et leurs ombres damnées te font comme un suaire
Couvrant tes ronds dans l’eau d’une éplorée pelisse…
Publié le 20/03/2019
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