par Salus
- Variation sur Cléopâtre -
Elle était tant soit peu mignonne,
Et sa figure vermillonne,
Le timbre clair de son regard
- Ces yeux où feule un léopard -
Dardaient le feu d’un autre monde.
Elle rabaissait la faconde
Et son allure intimidait ;
Le blanc-seing de midi rôdait
Sur son sourire indéchiffrable ;
Ses pas lents posés sur le sable
Crissaient nus du jour jusqu’au soir.
Puis elle entrait à l’assommoir,
Une reine au temple d’Égypte !
Aussi seule qu’en une crypte,
Elle échouait d’anéantir
Sa sourde hérédité d’un tir
Continu de boissons alcooliques.
Bus ces poisons mélancoliques,
Elle partait, l’air amusé,
Et le client fort médusé
Sentait l’ombre du Nil derrière elle,
Un long flux froid qui passait comme une aile ;
La belle, au sillage assuré d’un cœur noir,
S'exhalait, sidérale, en mémoire azurée.
Publié le 27/05/2013
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