Madame Henriot

par Salus

Donne-moi, dit-elle, un rêve secret ;
Ton flirt ne soit un ouvrage indiscret,
Préfère, au désir qui me transparaît,
Tes feux dilués comme à l’eau le lait.

N’éveille pas, de tes sombres alarmes,
Ce grand vent frais si près des fines armes
Me perçant l’âme ; ah ! mes sens que tu cernes
S’affolent, saouls d’un chant noir, sous mes bernes !

Laisse à l’automne une feuille sur l’eau
Riser d’un émoi calme un si tendre au-
Delà ; sans sursis, s’aiguise la faulx,
Cachons le songe à l’abri des fléaux.

Surtout, ne cherche pas ; moi, dans cette ombre
Je suis un peu pour toi sans que démembre,
L’ogre du réel, de sa griffe immonde,
Mon sel et mon pain, tout le sol du monde.

Tu dois m’aimer sans attente d’espoir
Tu dois m’aimer tant je suis dans le noir
Laisse mes fruits loin de ton égrappoir,
Mon seul maître est Auguste Jean Renoir

Publié le 27/05/2024

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