Les cadenas d'amour

par Tontonjacques

Quel que soit son prénom, Prudence ou bien Françoise,
Quand dans la capitale on chemine au hasard
Avec elle à son bras, tôt ou tard on le croise :
Le vent fripon parcourt toujours le Pont des Arts.

Les cadenas, dit-on, scrupuleusement gardent
Et chaînent les amours ; c’est ainsi que l’on vit
Chaque jour, plus de bronze accroché aux rambardes,
Symboles radieux pour les amants ravis.

Leur grand nombre étonnait même les autochtones ;
Chaque couple, à la Seine, allait jeter la clé.
Mais il y en eut tant, des tonnes et des tonnes,
Que le pont, sous le poids, finit par renâcler.

C’était certes charmant ; il est vrai que j’ignore
Où sont partis ces cœurs étrangers à Paris
Et d’entre ces serments, combien durent encore ?
Bien peu, je le redoute, et le flot s’est tari.

Car, même entraîné par un élan romantique,
On peut être à la fois lourd et sentimental ;
Les treillis ne sont plus déjà que de plastique :
Je suppose qu’on a revendu le métal.

Publié le 17/01/2026

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Commentaires sur le poème
1

Avatar Tontonjacques le 26/01/2026 à 17:39
Je ne me serais pas permis d'inventer une histoire pareille !
Avatar Cardaline le 26/01/2026 à 17:30
Merci Tonton Jacques pour ce poème de circonstance. Je ne suis restée parisienne que deux ans et j'ignorais totalement cette histoire (à moins qu'elle ne soit née de votre imagination). Dans tous les cas le romantisme a bien disparu de notre XXIème siècle. Ce poème me plait bien et je vais accompagner votre photo du cygne d'un poème de mon cru. + V