par Tontonjacques
Quel que soit son prénom, Prudence ou bien Françoise,
Quand dans la capitale on chemine au hasard
Avec elle à son bras, tôt ou tard on le croise :
Le vent fripon parcourt toujours le Pont des Arts.
Les cadenas, dit-on, scrupuleusement gardent
Et chaînent les amours ; c’est ainsi que l’on vit
Chaque jour, plus de bronze accroché aux rambardes,
Symboles radieux pour les amants ravis.
Leur grand nombre étonnait même les autochtones ;
Chaque couple, à la Seine, allait jeter la clé.
Mais il y en eut tant, des tonnes et des tonnes,
Que le pont, sous le poids, finit par renâcler.
C’était certes charmant ; il est vrai que j’ignore
Où sont partis ces cœurs étrangers à Paris
Et d’entre ces serments, combien durent encore ?
Bien peu, je le redoute, et le flot s’est tari.
Car, même entraîné par un élan romantique,
On peut être à la fois lourd et sentimental ;
Les treillis ne sont plus déjà que de plastique :
Je suppose qu’on a revendu le métal.
Publié le 17/01/2026
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