Va Chercher

par Nojo

Elle se lève au matin et d'à peine un regard, s'étonne des lignes écrites...
Presque lignes d'une autre en fuite, d'un autre qui la complète comme la nuit et complément du jour, comme la fuite est complément de ce mouvement immobile d'une accalmie de mer, comme il convient lorsque tu es du nord, de l'est ou de quelque part par là-haut, comme il convient de peut-être fuir par une fenêtre météo qui dit au capitaine de bateau, c'est bon, tu peux aller au soleil, tu peux aller te noyer, et fuir parce qu'il n'est plus tenable de tenir ici aux rivages incertains des frontières et du froid...Froide pierre le diamant...Fuir
Fuir au jour et à la nuit, à la moindre menace du ciel, comme si la foudre était prête à tomber sur la demeure d'une inconnue
Alors vas-y, pars! Va Loren
Va chercher le soleil! Va chercher la mer!
Va chercher la feuille blanche, l'écrit à venir, ce nulle part que l'on nomme écriture. Tu le sais, il ne reste aux carnets et aux livres en train de se faire, aux corbeilles à papier, pire, à la touche effacer des claviers, que les verbes calcinés et ces hivers sans fin de pages de neiges à remplir.
La seule certitude d'une encre noire et froide ne peut suffire à réchauffer le temps.
Va chercher Loren, va chercher la mer, va chercher le soleil Loren
Et celle-ci ramasse au bord de mer des débris de mots, des coquilles de phrases désespérées, prêtes à se perdre. Et celle-ci attend des bouées incertaines, bouées de mots jetées à ceux qui se noient, à ceux qui veulent se noyer, à ceux qui ne savent pas nager, à ceux qui rêvent d'affronter les houles déferlantes, à ceux qui se fracassent sur les digues.
Va chercher! Va chercher Loren
Va chercher le soleil, va chercher la mer

Publié le 10/12/2024

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