L'abat-jour
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par Nojo
L'abat-jour
abattu par tant de luminosité
s'est ôté du jour, du journal, du journalier,
lié au jour qui précède alors que lui
cède, concède à la nuit, à l'ennui,
à ce qui luit, à ce qui elle,
à ce qui hèle sans un cri
à ses kyrielles dans le ci-el
si elles, les étoiles, et les toiles
tendues, distendues, c'est entendu
dix, neuf, huit, sept,
les étoiles de Sète et ailleurs
les ailleurs jamais à l'heure
à l'heure où le jour commence à fuir
et le robinet aussi
goutte à goutte dégoûtant
des mots suants qui s'égouttent
qui s'écoutent des deux oreilles
dont l'une sourde, la sourde oreille
qui bien sûr n'y voit goutte
s'acharne coûte que coûte
à n'en rien entendre
et les lunettes sur le nez
sur le nez qui ne voit pas plus loin
que le bout de lui-même
se demandant aveuglé
dis-moi est-ce que tu m'aimes
quand on se promène sur les plages
sur les pages infinies et les poèmes
et bien qu'elle nie et se renie
les yeux dans le vague
la sourde oreille apprécie
le bruit des vagues
le fruit des pages
sous la lumière paisible
qui fuit le jour
et pas encore le jour
de l'abat jour qui s'ennuie
sur un coin de buffet.
Publié le 10/11/2024
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