Vagues humeurs

par Lau

Skippers de fantômes esquifs, de barcasses bringuebalant d’un phare du paradis à un phare de l’enfer, ils tiennent la barre de la détresse, se nourrissent de mélancolie, de cette bile noire à l’or traversée de queues de comètes nacrées qui roulent en averses tièdes, en rouleaux peints façon Kanagawa bleu-jaune

Gavés du soleil des matins sans le temps qui les presse, arcboutés tels des suricates satisfaits de s’aligner, les pattes plantées dans un brûlant désert, l’œil cerné d’une admiration et d’un étonnement sans fin d’être là, à humer la douceur et la vie de leur autre, à laisser couler en eux l’émotion de toutes les eaux des siècles

Voilà l’instant quand rien ne bouge alors que tout est en mouvement

Il est temps de se hisser Les petits points sont allumés dans un bleu-nuit orangé… Sur cette eau originelle… Et ses tout petits atomes

Et l’homme, face à l’étang, prend seul conscience de sa futilité, de son impuissance et se pose encore la question de savoir pourquoi l’homme en meute a tant le désir de faire trembler les atolls

C’est une bile jaune qui attaque son sang

Publié le 14/07/2023

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