par Antigone
Rien n’a vraiment changé et, si tout est rangé
Comme au temps où ma vie commençait, ma maison
A vieilli doucement, les roses sont fanées,
Et, sur la cheminée, trône un Napoléon.
Le fauteuil démodé des anciennes années
à l’étoffe jaunie, vieil ami d’autrefois
Où je m’endormais ivre d’amour et de joie,
Règne encore au salon immuable et fripé.
La commode acajou au miroir, au premier,
Se rappelle attendri, les visages d’alors ;
Les empreintes de pas que nos pieds ont laissées
Sur les tapis de soie, je m’en souviens encore.
La rampe d’escalier, aux glissades épiques,
La maison explosait sous nos rires, nos cris,
Le jardin regorgeait de lauriers, de colchiques,
Maman, tu étais là… c’était le paradis !
Je ne peux oublier ce logis familier
Où dorment ma candeur, mon âme sous la cendre,
C’est là que j’ai appris à chanter, à rêver,
J’y ai des souvenirs si précieux, fins et tendres.
Je ne peux effacer -accueillante demeure-
Ni le temps de la paix, ni la page affligeante,
J’y reviens, aujourd’hui, avant que sonne l’heure
Des adieux à jamais… tant que je suis vivante !
Publié le 20/03/2019
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